Les grosses teufs sans fin du confinement

France

Un after sans fin en pleine période de confinement. | Droits réservés pour Slate

Des adeptes de soirées qui se prolongent plusieurs jours n'ont pas hésité à braver les interdictions de l'état d'urgence sanitaire. Ils racontent leur besoin de faire la fête, d'être ensemble, de s'amuser.

Treillis militaire, bottines noires à semelles compensées et lunettes de soleil, Arnaud*, 25 ans, danse à en perdre le souffle. Porte de Vincennes, dans le XXe arrondissement de Paris, trois DJ font trembler les murs de la maison à deux étages dans une ambiance enfumée. La scène se déroule mi-avril, en plein confinement, alors que la France est plongée dans le calme depuis un mois. «On était une quinzaine, on a fait la fête du samedi au mercredi. Les gens dansaient, discutaient, se défonçaient. Ça couchait un peu dans les coins», raconte Arnaud, la voix éraillée. Ou était-ce une autre fois? Difficile pour ce vendeur de prêt-à-porter de situer précisément ces soirées, tant elles se sont enchaînées.

Une routine s'est presque installée. Un jour de pause, quelques heures de sommeil, et c'est reparti. «On passe d'appartement en appartement pour que ça ne soit pas trop répétitif.» Les soirées durent de quarante-huit à soixante-douze heures. Parfois plus. Avant de décrocher son téléphone, Arnaud a d'ailleurs annulé plusieurs fois notre rendez-vous tant il est occupé. Adepte des grandes soirées technos parisiennes depuis plusieurs années, il n'a «pas songé une seconde à arrêter de sortir» à l'annonce du confinement. Et ce, même si l'une de ses amies a récemment été hospitalisée à cause du Covid-19. «En sortant de l'hôpital, elle a recommencé à faire la fête. Rien ne nous arrête.»

Une des soirées qui a eu lieu pendant le mois d'avril. | Droits réservés pour Slate

Depuis le 17 mars, les déplacements sont pourtant restreints au minimum et la liberté de réunion fortement réduite. Ces fêtes, contraires à la réglementation sur l'état d'urgence sanitaire, exposent leurs participant·es à des amendes de 135 euros. «Si un service de police a connaissance de ce type d'événements, les organisateurs et participants seront dans le viseur», confirme une source de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique. Le risque est évident: participer à la propagation du virus. Le déconfinement du 11 mai allège ces règles mais les rassemblements de plus de dix personnes restent interdits.

Ces restrictions à la liberté de réunion, ainsi que les changements de situations personnelles, ont cependant poussé nombre de fêtard·es à arrêter de sortir, comme l'a constaté Stéphanie Ladel, addictologue, parmi ses patient·es.

«Faire la fête comme ça, c'est un besoin»

Impossible de quantifier avec précision le nombre de ces soirées clandestines. La préfecture de police de Paris indique ne pas avoir de statistiques sur ce sujet. Mais les photographies postées sur Instagram et des groupes Facebook d'after attestent de la multiplicité des soirées sans fin. «Je n'ai pas d'avenir mais j'ai un after» ou «il fut un temps ou les soirées avaient une fin», peut-on notamment lire sur ces pages. Depuis le 11 mai, les messages se multiplient, laissant présager une augmentation du nombre de ces soirées....

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