Les girls et boys bands existent toujours, mais ne durent jamais bien longtemps

Musique

Blackpink à Coachella en 2019. | Rich Fury / Getty Images North America / Getty Images via AFP

Le succès international de formations telles que BTS et Blackpink rappelle l'importance de ce phénomène au sein de la pop culture mondiale.

Les récents succès de Blackpink et BTS ont rappelé un élément essentiel à la compréhension du paysage musical: les boys et girls bands existent encore, ils font partie intégrante de la culture populaire et continuent de toucher un grand public fasciné par leurs outrances. Par le passé, il y avait, entre autres, les torses musclés des 2Be3, les tenues légères des Spice Girls ou encore les mèches blondes de *NSYNC.

Il y a désormais les costumes de BTS ou les changements de look réguliers de Blackpink: toutes ces excentricités qui rappellent que ces formations appartiennent à un univers bien précis, pas forcément légitimé ni assumé, mais très révélateur de la façon dont ces dernières se créent, se promulguent et se popularisent.

Se plonger dans la discographie de groupes tels que BTS ou Blackpink, dont l'intelligibilité importe finalement peu mais dont la résonance compte, ce n'est donc pas se retrouver noyer sous un florilège de mélodies avant-gardistes ou de sons expérimentaux. C'est plutôt surfer sur des eaux paisibles, sans remous. Tout, chez eux, paraît en effet avoir été pensé pour conquérir les foules, tous leurs morceaux semblent voués à devenir des hits et à susciter des retombées budgétaires suffisamment importantes pour faire la joie des labels, qui luttent plus que jamais pour tirer des bénéfices d'une économie pop faite de vues YouTube et d'écoutes Spotify, plutôt que de ventes de singles.

«Le plus fou, c'est qu'un groupe comme Blackpink fonctionne tout seul, précise Guenael Geay, directeur marketing international chez Universal. Elles ont rempli Bercy en vingt-quatre heures, sans passer à la radio ou être diffusées dans les médias traditionnels, habituellement réticents à ce genre de groupes que l'on imagine fabriqués de toutes pièces, tout juste bons à satisfaire les grandes marques.» 

On pourrait certes affirmer que les filles de Blackpink ont travaillé ensemble pendant quatre longues années avant de publier leur premier single, faisant preuve d'une réelle détermination, voire d'un sens du professionnalisme rare, pour se donner les moyens de leur ambition. On pourrait aussi, et ce serait tout aussi juste, avancer que les membres de Blackpink ont toutes développé des partenariats avec des marques de luxe, types Yves Saint Laurent ou Chanel –l'énième preuve que les boys bands et les girls bands incarneraient le superficiel aussi fermement que les groupes d'indie pop, de rock et de hip-hop la modernité? Oui, peut-être.

Mais ceux qui s'intéressent de près à l'histoire de la musique populaire n'impriment pas tout à fait la même légende, et rappellent ces deux faits: en janvier 1961, déjà, Les Cinq Rocks d'Eddy Mitchell deviennent Les Chaussettes noires après que leur label ait négocié un partenariat avec les chaussettes Stemm, tandis que les Sex Pistols ont été pensés par le génie de Malcolm McLaren, qui voyait en eux une façon de faire fructifier l'image sulfureuse de sa fameuse boutique londonienne (SEX), temple de la contre-culture dans les années 1970....

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