Les digues ne nous protégeront pas de la hausse du niveau de la mer

Environnement

Une vague s'écrasant sur la digue de Lomener à Ploemeur en Bretagne le 5 février 2014. | Frank Perry / AFP 

Il existe des solutions d'adaptation fondées sur la nature.

La conséquence inéluctable du changement climatique en cours est une élévation du niveau marin global. Cette dernière est évaluée par deux méthodes indépendantes mais complémentaires: l'altimétrie embarquée sur des satellites et la marégraphie, en général opérée depuis la côte.

La première fournit des renseignements sur la quasi-totalité des océans. Elle indique leur niveau absolu (par rapport au centre de la Terre), mais elle est relativement récente puisqu'elle date des années 1990. Les mesures marégraphiques, à l'inverse, sont locales. Elles ne recueillent des informations sur le niveau absolu qu'à condition que le marégraphe soit muni d'un récepteur GPS fixe de haute précision, mais ses données offrent davantage de recul, puisqu'elles remontent sur plusieurs décennies voire jusqu'à 300 ans. Ces mesures convergent vers une valeur très précise de +3,2 mm/an en moyenne depuis les années 1990.

Outre cette convergence, la robustesse de cette valeur tient au fait que l'on sait estimer l'impact de chaque cause de l'élévation du niveau marin de façon indépendante. Or la somme des causes est égale aux mesures d'élévation. On sait ainsi que pour les vingt-cinq dernières années, les glaces de montagne contribuent à faire monter le niveau de la mer de 0,6 mm/an et celui des pôles de 1 mm/an. La dilatation thermique des océans contribue à une augmentation de 1,2 mm/an. Les eaux continentales (rivières, fleuves, eaux souterraines) contribuent à une progression de 0,4 mm/an.

Cette accélération de l'élévation du niveau marin n'est pas sans conséquence, puisque la moitié de la population humaine vit sur la bande côtière et une grande partie est installée dans les zones littorales basses les plus vulnérables (estuaires, lagunes et deltas). Dresser des digues est depuis des décennies la principale réponse apportée face à ces risques pour en contrer les effets.

Submersion et érosion des littoraux

Mécaniquement, l'élévation du niveau de la mer accentue deux aléas majeurs affectant les littoraux: la submersion et l'érosion. Les submersions marines sont déclenchées par des élévations brutales et locales, engendrées par les ouragans et les tsunamis. Elles peuvent atteindre plusieurs mètres par rapport au niveau normal et les inondations côtières qu'elles engendrent sont d'autant plus destructrices que le niveau global de la mer est haut.

Par comparaison avec les côtes rocheuses (80 % des côtes mondiales), les côtes sédimentaires (constituées de galets, graviers, sables et vases, mais aussi de débris de coquilles) sont à la fois les plus dynamiques et vulnérables à la montée de la mer. Elles sont au cœur des enjeux que soulève ce phénomène.

Ces côtes sont classées en fonction des paramètres hydrodynamiques dominants que sont les vagues, les marées ou les fleuves. Parmi elles, les côtes abritées des vagues (estuaires, lagunes et deltas) sont les plus basses et donc les plus vulnérables. On y trouve les grands ports, de nombreuses infrastructures, des ressources agricoles et une forte concentration d'habitant·es.

Ces zones littorales basses ont été protégées par des digues depuis le Moyen Âge pour les cas les plus anciens. À l'arrière de celles-ci, des marais s'étendent à un voire quelques mètres au-dessous des plus hautes marées (dans les marais poitevins, des terres agricoles sont localisées de 2 à 3 mètres sous le niveau des plus hautes mers). Il est nécessaire de comprendre la dynamique sédimentaire de ces régions pour expliquer cette situation surprenante...

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