Les bacheliers 2021 en ont marre d'entendre que leur bac ne vaut rien (et ils ont raison)

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Des élèves lors de l'épreuve du bac de français, le 17 juin 2021, à Strasbourg. | Frederick Florin / AFP  

Nombre d'entre eux ne voient plus cet examen comme une fin en soi, mais comme une porte d'accès vers les études supérieures.

C'est le rite de passage par excellence: l'obtention du baccalauréat. Alors que les résultats tombent ce mardi, que pensent vraiment les lycéens et lycéennes de ce diplôme si décrié, régulièrement accusé d'être sans valeur et trop facile? Pour Yohan, lycéen à Grenoble, le bac n'est plus aussi intimidant que pour les générations précédentes: «Quand j'étais en primaire ou au collège, le bac, c'était le Graal, ça nous paraissait très compliqué à avoir. Au fil du temps, quand j'ai compris que le plus important, c'était l'après-bac, j'ai commencé à voir l'examen comme une étape obligée, un ticket d'entrée pour les études supérieures», explique le jeune homme qui entamera l'an prochain une classe préparatoire scientifique.

«Bien sûr que le bac est important à mes yeux, et pour la plupart de mes amis, renchérit Nesrine qui a obtenu son sésame l'année dernière à Perpignan. On nous en parle quasiment tous les jours depuis la seconde alors évidemment qu'on veut l'avoir! Mais c'est vrai que je sentais mes parents presque plus investis que moi. Pour eux, c'est vraiment LE diplôme, alors que, personnellement, je serai bien plus fière de moi si je décroche un master ou un doctorat, par exemple.» 

Le baccalauréat n'est plus une fin en soi. Pour Charles Hadji, professeur honoraire en sciences de l'éducation à l'université Grenoble Alpes et spécialiste de l'évaluation des élèves, même s'il a un peu perdu de sa superbe au fil des années, le bac demeure toujours très important, tant d'un point de vue académique que d'un point de vue social: «Les lycéens sont toujours heureux de réussir cet examen et de faire la joie de leur famille, et continuent de s'y préparer, pour la plupart, avec beaucoup de sérieux.»

Un enjeu académique, social et festif

Beaucoup de sérieux, mais tout de même un peu moins d'anxiété que leurs aînés, comme le raconte Mathilde, 27 ans, bachelière en 2011. «Pour moi, le bac, c'était une montagne, je m'en rendais malade, et pourtant, j'étais bonne élève! Mais mon petit frère Théo n'était pas si angoissé que ça, il a révisé mais sans plus, sans pression.»

«Honnêtement, j'étais plus stressé pour l'examen du code de la route, affirme le petit frère en question, âgé de 18 ans. Le jour des épreuves du bac, j'étais détendu, je savais que, comme j'avais bien bossé et que mes notes de l'année étaient plutôt bonnes, je n'avais pas trop à m'en faire.» Il reconnaît cependant être un peu anxieux à l'approche des résultats, dévoilés ce mardi matin. «L'idée de ne pas passer à l'étape d'après, de devoir refaire une année de terminale, forcément, ça fait un peu peur. Et puis, pour toute ma famille, c'est un événement, je ne veux pas les décevoir.»

Selon Charles Hadji, le bac revêt trois enjeux majeurs: «Le premier est académique, il s'agit de sanctionner et d'évaluer un niveau de connaissances attendu à la fin du lycée, et en conséquence de délivrer –ou non– un diplôme. Le deuxième est d'ordre social, le bac est un rite de passage partagé par toutes les générations. Il symbolise le passage à l'âge adulte, l'entrée dans la société. Enfin, le troisième enjeu est festif, réussir son bac entraîne bien souvent des célébrations en famille et entre amis. On fête à la fois la réussite à un examen, la fin du lycée, le début des vacances.» Le professeur observe toutefois que le bac de 2020 a perdu cette qualité festive à cause de la pandémie –les rassemblements étaient interdits, le couvre-feu limitait les célébrations et les cours à distance avaient cassé les dynamiques de groupe.

Nesrine aurait en effet aimé pouvoir le fêter avec tous ses amis du lycée et faire une grosse soirée avec les terminales avant que tout le monde aille étudier à droite à gauche. «J'ai un peu eu la sensation de passer à côté d'une partie de l'expérience, mais bon, l'an passé, on était tous logés à la même enseigne», explique-t-elle....

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