Le Tourisme de la chirurgie esthétique en Turquie, faux devis et vraie boucherie

Santé

Les arnaques étant monnaie courante, n'y allez pas les yeux fermés. | Olga Guryanova via Unsplash

Lisez ceci si, comme plus de 10.000 Français chaque année, vous comptez vous faire opérer au pays où le tourisme médical est roi.

L'hiver dernier, Aya*, 41 ans, s'est rendue à Istanbul afin d'y effectuer une sleeve gastrique, opération consistant à rétrécir l'estomac afin de diminuer l'appétit chez les personnes atteintes d'obésité. Mais à son retour en France, cette infirmière d'Eure-et-Loir a subi de fortes douleurs au ventre et a dû se faire réopérer en urgence.

«J'avais contracté trois infections, mon foie était brûlé et une compresse avait été oubliée dans mon ventre, souffle-t-elle d'une voix chevrotante. Le chirurgien m'a dit que si j'avais attendu vingt-quatre heures de plus, je serais morte.» Comble de l'histoire: la sleeve en question n'aurait jamais été effectuée. À ce jour, l'infirmière souffre de douleurs abdominales quotidiennes qui l'empêchent de travailler.

Aya compte parmi les nombreux ressortissants européens à se rendre en Turquie tous les ans pour y réaliser des opérations chirurgicales et dont certains, comme elle, écopent de lourdes complications. «Depuis trois ans, nous recevons de plus en plus d'appels de personnes qui veulent aller en Turquie ou qui en reviennent avec des problèmes», pointe Muriel Bessis, la présidente de l'Association des réussites et des ratés de la chirurgie esthétique. Des problèmes liés à «l'absence de suivi inhérent au tourisme médical» ainsi qu'à «un manque de compétences techniques chez les praticiens» d'après le chirurgien esthétique Henri Danon, basé à Paris, qui a constaté une hausse des complications chez des patients revenant de Turquie au cours des derniers mois.

Ce qui a attiré Aya en Turquie, ce sont avant tout les tarifs, moindres que ceux proposés dans l'Hexagone –environ un tiers moins chers– ou en Tunisie, la destination traditionnelle des ressortissants français pour le tourisme médical. Il en était de même pour Jessica* et Maeva*, deux sœurs respectivement âgées de 41 et 30 ans, originaires de Guadeloupe, qui ont fait le voyage à Istanbul pour des opérations de liposuccion du ventre au printemps 2021.

Jessica est subitement décédée des suites d'une embolie pulmonaire contractée quelques jours après l'opération. Maeva, quant à elle, a dû se faire suivre par un chirurgien pendant plusieurs semaines à son retour en Guadeloupe. Comme Aya, elle a frôlé la mort: «On m'a retiré du liquide qui était stocké dans mon corps. Selon le médecin, si ce liquide était resté trop longtemps, mon cœur se serait arrêté.»

Aujourd'hui, Maeva garde encore de «grosses cicatrices» sur le ventre et a repris le poids qu'elle avait perdu lors de l'opération. Jessica, qui avait persuadé sa sœur de la suivre, avait été séduite par les publications Instagram d'influenceuses et de stars afro-descendantes mettant en scène leurs séjours médicaux à Istanbul.

Le rêve d'Erdo?an

C'est que, depuis quelques années, la Turquie s'est muée en une vaste usine de beauté. Rhinoplasties, liposuccions, lipofillings ou abdominoplasties... Si les implants capillaires sont l'opération la plus demandée, toutes y sont pratiquées. «En 2019, nous avons accueilli plus d'un million de patients étrangers», énonce fièrement Emin Çakmak, le président du Conseil de développement du tourisme de santé en Turquie. Selon lui, environ 50% de ces patients ont effectué des opérations de chirurgie esthétique, et 11.200 d'entre eux étaient français. Ces chiffres seraient du même ordre pour l'année 2021....

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