Le cunni, star du Festival de Cannes

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La plus longue scène de gamahuchage arrive avec Benedetta, nouvelle œuvre grand-guignolesque de Paul Verhoeven, sur deux nonnes lesbiennes au XVIIe siècle. | Capture d'écran Pathé via YouTube

De nombreux films sélectionnés mettent en scène les plaisirs du sexe oral. Et ce, de manière aussi poétique que respectueuse.

Il va peut-être falloir leur créer leur propre palme: cette année à Cannes, les cunnilingus sont partout. Comme souvent, beaucoup de films sélectionnés lors de cette 74e édition du Festival semblent communiquer entre eux, se répondant de manière troublante. Parmi les thématiques récurrentes, on trouve les vaches (deux documentaires sur le sujet en sélection), les films musicaux, la fin de vie, ou encore une certaine rage envers la France de Macron. Mais la plus grande star de cette édition 2021, c'est sans doute le cunni.

Le festival a ouvert le bal en grande pompe dès la soirée d'ouverture, avec Annette de Leos Carax. Dans ce film musical aux thèmes très sombres, Adam Driver fait un cunnilingus à Marion Cotillard, et surgit brièvement d'entre ses jambes pour pousser la chanson (les paroles? «We love each other so much»). La scène est absurde et antisensuelle, comme pour signifier le destin funeste qui attend le couple.

Dans The Souvenir part II, de Joanna Hogg, on assiste à l'émancipation créative et sexuelle de l'héroïne Julie, après un traumatisme sentimental immense. La jeune femme finit au lit avec un jeune et séduisant acteur, qui n'est pas du tout rebuté lorsqu'elle lui annonce avoir ses règles. Après lui avoir picoré le bonbon, l'homme remonte à la surface et embrasse la jeune femme à pleine bouche, cette denière se retrouvant donc recouverte de ses propres menstruations.

Une autre Julie a droit à sa propre séquence de plaisir oral dans Julie (en 12 chapitres) de Joachim Trier, le réalisateur d'Oslo 31 Août. Cette fois-ci, il s'agit plutôt d'un cunnilingus de rupture, bref mais tout aussi joli. Et le parallèle avec The Souvenir part II ne s'arrête pas là, puisque dans ce film aussi, l'héroïne se tartine le visage façon «peinture de guerre» avec son sang de règles –pour sa défense, elle avait pris des champis.

Maria, bergère incarnée par Noomi Rapace, reçoit également une petite douceur orale dans Lamb, film de genre islandais sur un couple qui retrouve le bonheur en s'occupant d'un mouton… un peu spécial. On croise aussi des cunnis dans L'Histoire de ma femme avec Léa Seydoux, ou encore dans Olympiades, le nouveau film de Jacques Audiard. Mais la plus longue scène de gamahuchage arrive avec Benedetta, nouvelle œuvre grand-guignolesque de Paul Verhoeven, sur deux nonnes lesbiennes au XVIIe siècle. Dans une scène à la fois drôle et sensuelle, Daphné Patakia procure à Virginie Efira son premier orgasme en lui taillant la pelisse. Dommage que ce plaisir soit défendu: plus Benedetta pratique le lesbianisme, plus elle semble se rapprocher de Dieu.

Cunnis controversés

Apercevoir des cunnis dans les œuvres présentées à Cannes n'a rien de nouveau, même s'il faut reconnaître que les caresses buccales sont particulièrement bien représentées cette année. Ce qui change, c'est aussi la manière dont celles-ci sont filmées et ce qu'elles cherchent à raconter.

Au fil des ans, le festival a connu son lot de gâteries iconiques et parfois controversées: outre Red Road, 9 Songs ou encore Shortbus, on pense plus récemment à Love de Gaspar Noé, et ses longues scènes de sexe planantes...

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