La quête de l'amour est dictée par le niveau éducatif

Sociétés

Et si tout était calculé d'avance... | Alex Iby via Unsplash.  

Les individus peuvent-ils encore concevoir leur choix de partenaire comme le produit d'une affinité basée sur une impression sensible?

Les expériences de confinement et déconfinement l'ont montré: les couples n'ont cessé de se faire et de se défaire, malgré la crise, via Tinder, Meetic ou d'autres réseaux sociaux.

Si l'épidémie a élevé la peur des contacts physiques, a renforcé la virtualisation des relations, elle a semble-t-il, amplifiée l'exigence de sincérité et un désir de sélection attentive des partenaires, qu'on connaît parfois seulement virtuellement avant de les rencontrer en face à face.

Cela renouvelle les questions sur ce que l'on attend de la relation, et impose en quelque sorte de formuler plus explicitement des critères de choix.

Dans ce contexte, il est intéressant de revenir sur l'évolution contemporaine de la construction des relations de couple. Sommes-nous attaché·es à trouver l'âme sœur nonobstant nos différences, ou au contraire cherchons-nous un appariement traduisant une similitude? Les études sur le couple montrent en effet que depuis plusieurs décennies, dans un monde compétitif, s'opère une quête de partenaires dont les valeurs, le mode de vie, le niveau d'éducation sont similaires aux nôtres.

Est-ce l'affirmation d'un désir de distinction, la volonté de mettre toutes les chances de son côté lorsqu'il y va de la formation d'une relation durable et d'un projet familial, ou un calcul économique?

Une homogamie éducative croissante

Aux États-Unis, mais aussi en Europe, dans la seconde moitié du XXe siècle, la sélection de partenaires éduqués a été en partie motivée par les différences de revenus associées au niveau d'éducation. Les plus éduqués perçoivent en effet des rémunérations beaucoup plus élevées que ceux qui ont des niveaux intermédiaires.

Au cours des années 1960-1970, le mariage entre individus de même niveau scolaire, était surtout lié à la diminution du nombre de mariages hétérogènes sur le plan éducatif parmi les personnes relativement instruites; après cette date, l'augmentation continue de l'homogamie est passée par la baisse du nombre de mariages hétérogènes à la fois en bas et en haut du spectre éducatif.

Au cours des dernières décennies du XXe siècle, un premier indice de cette différenciation des exigences éducatives dans les strates les plus éduquées a été donné par la comparaison des niveaux d'éducation au sein du couple dans les cohortes de naissances successives de deux groupes distincts.

Les corrélations entre les niveaux scolaires des personnes mariées appartenant au groupe «très éduqué» s'élèvent des cohortes nées vers 1920 à celles nées vers 1950 (carrés gris), tandis que parallèlement la similitude des niveaux scolaires des épouses et époux au sein du groupe «peu éduqué» diminue légèrement (points noirs), mais dans l'ensemble, il y a un rapprochement de la similitude des niveaux d'éducation.

Chaque carré gris représente la corrélation des niveaux scolaires entre personnes mariées d'une cohorte parmi les plus éduqués. Adapté de Conley et coll., 2016. | Hugues Lagrange (no reuse).

Plusieurs pays d'Europe connaissent un tel rapprochement éducatif dans le couple. Au Danemark, au sein d'un groupe suivi au cours des vingt-cinq dernières années, les mariages révèlent aussi l'importance des appariements fondés sur l'éducation dans les strates les plus éduquées.

À l'autre extrémité du spectre éducatif, les hommes restent longtemps célibataires, se marient moins facilement et sont amenés à être moins exigeants quant au niveau d'éducation de leur partenaire que ne l'étaient les hommes qui se marièrent dans les années 1970, la femme étant alors généralement plus éduquée que son mari.

En Espagne, comparant les raisons du choix des partenaires entre 2000 et 2010, Sergio Escorial et María Carmen Martín-Buro indiquent que la sélection repose dans les couches cultivées sur une «similitude des capacités à comprendre l'environnement […] plutôt même que sur une similitude de personnalité». La concentration d'aptitudes cognitives élevées, dans les milieux qui en possèdent déjà le plus, augmente donc...

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