La musique pop doit tout à «Like A Prayer» de Madonna

Musique

Trente ans après sa sortie, le mélange de sexe, de mort et de religion au centre du quatrième album de La Madonne inspire toujours autant.

Je n’avais pas d’autres choix. À 10 ans, parce que mes quelques francs mensuels d’argent de poche ne suffisaient pas à assouvir ma soif de musique pop et de 45 tours, je devais m’armer de patience devant le radio-cassette offert quelques mois plus tôt pour mon anniversaire et attendre, la main prête à dégainer le bouton record, que le dernier tube pop à la mode passe à la radio pour enfin réussir à graver sur une K7 vierge BASF ou TDK ces quelques minutes de bonheur. Ne restait alors plus qu’à prier pour qu’elles ne soient pas interrompues et ruinées par un animateur trop pressé ou un spot publicitaire.

Voilà le prix qu’il fallait payer, à la fin des années 1980, pour pouvoir écouter en boucle la dernière chanson de Kim Wilde, Glenn Medeiros ou Bros. Ces 120 battements par minute (BPM) de plaisir se méritaient. Mais une de ces chansons se méritait encore plus.

En ce mois de mars 1989, Madonna, dont les «Like A Virgin», «Live To Tell» ou «Papa Don’t Preach» faisaient déjà les beaux jours de précédents volumes de mes cassettes, n’avait en effet pas sorti de nouvelle chanson depuis près de deux ans.

Alors ce dimanche matin, je ne me rappelle pas plus grande joie que celle éprouvée en réussissant à enregistrer sur Vibration la (presque) intégralité des cinq minutes et dix-neuf secondes de «Like A Prayer».

Un clip qui sent le soufre

Le moment était important. Pour la première fois, j’avais l’impression de grandir. Parce que je n’écoutais alors que les chanteurs et chanteuses de mon âge, Kylie Minogue ou Jason Donovan, celles et ceux chantant les béguins innocents sur des mélodies faciles pleines de synthés, posséder cette chanson de Madonna me faisait passer dans le camp des «grands».

Il y avait quelque chose de différent dans cette chanson, quelque chose que n’avaient pas les précédentes de la chanteuse et encore moins celles du duo australien. Cette chanson, sans trop comprendre pourquoi ou comment, avait l’odeur du soufre, de la provocation, de la transgression. Je n’avais que 10 ans mais je le savais. J’en étais très conscient.

Ne comprenant pas encore un mot d’anglais, cette odeur était en grande partie liée à un clip. «J’étais fascinée par l’esthétique de ce clip. J’avais entendu dire qu’il était scandaleux mais je ne voyais pas pourquoi. Je le trouvais triste parce que le héros était victime d’une injustice et que la statue pleurait», m’a expliqué Lina, 10 ans également en 1989, à propos de ces quelques minutes d’images dont l’écho était allé jusqu’à titiller les oreilles du pape Jean-Paul II qui avait appelé au boycott de la chanteuse en Italie –un appel suivi par la chaîne publique RAI.

«Ma mère est croyante et elle avait du mal avec Madonna et l’imagerie du clip, poursuivait Lina. Le regarder avait donc un petit parfum d’interdit mais surtout il m’émouvait beaucoup. C’est un des clips que j’ai le plus guetté à la télé. C’était comme un film, je le vivais aussi intensément à chaque fois.»...

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