La musique et le théâtre sont bons pour le cerveau, même quand on s'y met tardivement

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Pas besoin de pratiquer ses gammes pendant quinze ans avant de voir son cerveau changer. | Oleg Ivanov via Unsplash

Les personnes pratiquant régulièrement ces activités ont de meilleures capacités cognitives et ce, peu importe l'âge auquel elles débutent. Une seule contrainte: la rigueur.

«Cette rigueur, cette habilité à se concentrer, à mémoriser, à se mettre à l'effort sans que cela ne devienne pénible, sont des capacités que j'ai acquises grâce à la musique. J'en suis persuadée», affirme Louise, violoniste au conservatoire de Versailles. Elle pourrait bien avoir raison.

Si la pratique de la musique ou du théâtre sont bonnes pour le moral, notre cerveau en raffole également. À tel point que la pratique de ces arts pourrait améliorer les capacités cognitives, peu importe l'âge auquel les personnes débutent.

C'est du moins ce que suggère une nouvelle étude publiée dans Frontiers in Human Neuroscience et pilotée par Mathilde Groussard, enseignante chercheuse associée au laboratoire Inserm de neuropsychologie et imagerie de la mémoire à Caen.

Une mémoire de musicien révélée

Pour les musicien·nes, les recherches avaient déjà révélé une petite particularité bien cachée dans leur cerveau. En 2010, c'est grâce à l'imagerie médicale que Mathilde Groussard avait pu explorer ce qu'il se passe dans leur boîte crânienne. Surprise: pour eux, l'anatomie de cet organe est différente du reste de la population.

«Chez les musiciens, on a pu voir une modification de la structure de l'hippocampe. Cette partie du cerveau, particulièrement impliquée dans les mécanismes de la mémoire, est plus grosse dans leur cas», précise la chercheuse. Un constat qui suppose donc que les personnes pratiquant la musique ont une meilleure mémoire comparé au reste de la population.

On se dit alors qu'il faudrait des années de solfège avant de pouvoir développer ces meilleures capacités cognitives. Pas du tout. Cette possibilité serait accessible au plus grand nombre, et sans avoir à pratiquer ses gammes pendant quinze ans avant de voir son cerveau changer. La chercheuse souligne que «les premières modifications dans certaines régions du cerveau peuvent être constatées dès les premières années de pratique musicale».

Pour autant, ce processus reste progressif et les régions impactées vont se multiplier à mesure de pratique. Plus on va jouer, plus les capacités cognitives vont augmenter. Mathilde Groussard a voulu creuser cette incroyable possibilité. Elle a souhaité savoir si elle était spécifique à la pratique de la musique, ou on la constatait aussi avec d'autres formes d'art. Une question qui l'a menée à produire cette dernière étude.

Le théâtre n'est pas en reste

La chercheuse s'est alors intéressée au théâtre. Dans cette discipline, l'apprentissage de textes est essentiel et il fait appel à une autre forme de mémorisation: l'apprentissage verbal.

Dans la pratique, «le théâtre a tout de même des points communs avec la musique par le besoin de répétitions, une régularité de travail nécessaire et des représentations données en public. C'est à la fois pour ces similitudes et ces différences que nous avons choisi de nous y intéresser», précise Mathilde Groussard.

Elle a donc souhaité comparer les capacités cognitives déjà connues des musicien·nes, à celles d'acteurs et actrices de théâtre et à celles de personnes ne pratiquant aucune forme d'art. Pour ce faire, les participants âgés de 18 à 80 ans ont été divisés en trois groupes: ceux qui jouent de la musique, ceux qui font du théâtre et ceux qui ne pratiquent aucune de ces activités régulièrement. Tous ont été soumis à des batteries de tests neuropsychologiques.

Résultat? «Les musiciens et les personnes qui pratiquent le théâtre ont de meilleures aptitudes cognitives que les personnes n'ayant aucune activité artistique», répond Mathilde Groussard....

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