La mode de seconde main, le nouveau chic qui fait bon genre

Sociétés

En France, le marché de la seconde main est estimé à 1 milliard d'euros. | Luis Montejo via Unsplash

Sacs de luxe revendus en ligne, pièces vintage mises aux enchères, vêtements bradés sur Vinted... la seconde main concerne toute la mode et se démocratise. Objectif: acheter moins cher, plus vite et avec une conscience écologique.

Seconde main, seconde vie, le marché de la mode se recycle en réhabilitant des vêtements abandonnés dans des garde-robes encombrées. Si la pratique du vintage de luxe ne date pas d'hier, la seconde main concerne aujourd'hui tous les domaines de la mode.

Le secteur se démocratise et ne cesse de progresser via les sites spécialisés dans la revente et dans le circuit des enchères classiques de plus en plus ouvert aux thématiques de mode. Une façon de faire recirculer la mode où les pensées environnementales sont sous-jacentes d'une motivation d'abord d'ordre pécuniaire.

Une mode de plus en plus dématérialisée où les clients achètent sans toucher et sans essayer, mais parmi une offre pléthorique.

Un phénomène

Acheter moins cher, plus vite et en plus s'offrir le luxe de participer à une forme de respect de la planète: la seconde main a le vent en poupe et ne fera sans doute que progresser. Vincent Grégoire, directeur insights de l'agence NellyRodi, analyse ce phénomène qui touche en partie au patrimoine des maisons, avec le risque d'avoir tout un nouveau pan de business qui leur échappe et sans le moindre contrôle.

«Ce style valorise la mémoire plutôt que rééditer des produits, donc je verrais bien un corner dans une boutique de luxe comme Chanel, cela éviterait d'avoir des faux et ce serait rassurant pour les clients. Si la marque ne le fait pas, quelqu'un d'autre le fera.»

Il explique que de nombreuses marques réfléchissent à ce sujet, mais qu'il peut parfois y avoir des réticences, notamment quand les directeurs artistiques d'une maison préfèrent faire table rase des créations de leurs prédécesseurs et ne souhaitent avoir que leur vision, sans être confrontés à un passé qui peut être parfois plus glorieux.

Face à l'essor de ce marché et pour limiter aussi le risque de faux, quelques noms importants de la mode ont sauté le pas en s'associant avec le grand site américain de revente, The RealReal, né en 2011 et qui compte aujourd'hui plus de 9 millions d'utilisateurs dans le monde. C'est d'abord Stella McCartney qui a signé un accord, puis Burberry. En octobre 2020, Gucci a choisi d'avoir un partenariat spécifique avec le site avec en prime une action pour la planète: pour tout achat fait aux États-Unis, un arbre serait planté avec l'ONG One Tree Planted.

En France, si les grands du luxe n'ont pas encore fait ce choix, quelques maisons se sont penchées sur ce marché qui leur échappait. Weston a eu l'idée de reprendre ses anciens souliers et de les restaurer avant de les proposer à la vente dans une boutique rue Saint-Honoré. La marque Camaïeu, qui a réalisé l'importance du volume de ses produits vendus en seconde main, a désormais son propre service de revente avec une récupération des achats en boutique, une façon astucieuse de susciter en parallèle une consommation du neuf.

Et les initiatives se multiplient: les Galeries Lafayette ont la plateforme le Good Dressing avec récupération en magasin et bons d'achat; Printemps a un espace pour Tilt Vintage, Cyrillus propose son site une Seconde Histoire

Aux États-Unis, Patagonia s'est emparé du phénomène avec restauration des produits (Worn Wear) et mise en vente, allant même jusqu'à ouvrir une boutique d'occasion à Boulder (Colorado).

L'essor des sites spécialisés

Né il y a un peu plus de dix ans, Vestiaire Collective rassemble aujourd'hui 10 millions de membres, tous acheteurs et vendeurs potentiels de modèles à prix réduits (jusqu'à moins 70%), plutôt haut de gamme et de vêtements vintage. Parmi les membres, il y a les activistes, ceux qui à la fois vendent et achètent sur le site.

Outre la mise en relation, il existe aussi un service d'authentification des produits face au risque de prolifération des faux. Pour Victoire Boyer Chammard, responsable authentification, c'est une des forces du site que d'avoir ce contrôle de qualité –le site a d'ailleurs signé en 2012 la charte de la lutte contre la contrefaçon....

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