La dépression résulterait-elle de la sélection naturelle?

Santé

Des spécialistes considèrent que c'est l'aptitude à se concentrer pour résoudre des problèmes qui, poussée à l'excès, pourrait favoriser ruminations et dépression. Í Free-Photos via Pixabay

La médecine évolutionniste avance des hypothèses pour expliquer les causes de cette pathologie.

La dépression se traduit par de la tristesse, une perte d'intérêt ou de plaisir, et une perte d'énergie. À cette triade s'associent des symptômes physiques –comme un ralentissement psychomoteur, des troubles de l'appétit et du sommeil–, mais aussi psychologiques –avec des difficultés de concentration et des pensées négatives– le tout pouvant conduire au suicide. Enfin, des symptômes non spécifiques de la dépression –à l'instar de l'anxiété et des douleurs– peuvent compléter le tableau. Et la quasi-permanence et la sévérité de tous ces signes doivent avoir un retentissement significatif sur le fonctionnement personnel, pour que l'on parle de dépression caractérisée ou majeure nécessitant une intervention thérapeutique.

Une maladie très répandue

Ainsi définie, la dépression touche 15 à 20 % des êtres humains au cours de leur vie, et la moitié d'entre eux fera plus d'un épisode. N'importe qui peut être concerné, mais de nombreux facteurs augmentent les risques: des antécédents familiaux de dépression, de troubles bipolaires et d'addictions (reflétant notamment une prédisposition génétique), des événements prédisposants de l'enfance (carences affectives, maltraitance, abus…), des événements déclencheurs survenus peu avant le début de l'épisode (souvent une perte, quelle que soit sa nature), une maladie physique (surtout si elle est grave, douloureuse ou touche le système nerveux central) ou encore d'autres troubles psychiatriques (quels qu'ils soient).

Autre constat, si la dépression frappe des personnes de tempérament et de personnalité variées, on l'observe plus souvent chez certaines. Elle se révèle plus fréquente en cas d'instabilité émotionnelle et de fonctionnement chaotique (les personnalités borderline), ou bien chez les gens anxieux dépendants, les scrupuleux obsessionnels, les pessimistes, insatisfaits et fatigués au long cours, ou encore à l'opposé chez les personnes hyperactives, optimistes et extraverties.

En réalité, les mécanismes du processus dépressif sont très complexes. Leur nature est en effet psychologique et neurobiologique (avec des mécanismes bien plus élaborés qu'un simple manque de sérotonine), raison pour laquelle la dépression n'est pas une simple expérience humaine, mais une véritable maladie. Mais pourquoi l'être homme est-il si vulnérable au risque de dépression? La médecine évolutionniste nous apporte des éléments de réponse.

Cette médecine repose sur l'idée selon laquelle l'évolution, au sens darwinien du terme, a sélectionné des facteurs de vulnérabilité à certaines maladies s'avérant avantageux pour la survie de l'espèce. Par exemple, on pense que certaines personnes sont prédisposées au risque d'obésité dans notre société de surabondance alimentaire, parce que leurs ancêtres étaient confrontés à la disette: l'évolution aurait sélectionné les variantes génétiques permettant de faire rapidement d'importantes réserves de calories sous forme de masse graisseuse, quand nourriture il y avait. Or compte tenu de la prévalence élevée de la dépression, on peut imaginer que des caractéristiques la facilitant aient été retenues par la sélection naturelle, eu égard aux avantages qu'ils procuraient. Plusieurs hypothèses ont donc été proposées…

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