L'infidélité au temps du coronavirus, adieu maîtresses et amants?

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Pour entretenir la flamme illégitime, il va aussi falloir faire preuve de créativité. | Anton Petukhov via Flickr

Gérer une relation secrète en période de confinement, c'est devoir créer de nouvelles règles tout en pensant à l'après.

Voilà, nous y sommes. Confiné·es pour des semaines afin d'enrayer enfin la prolifération du coronavirus. Dans les maisons et les appartements, on déborde de questions. Les parents se demandent comment réussir à canaliser l'énergie débordante de leurs enfants. Les personnes en couple ont peur de ne pas réussir à passer l'épreuve de la promiscuité permanente.

Il existe aussi une autre catégorie d'adultes (qui appartiennent parfois aux précédentes), qui vont devoir faire face à une situation à laquelle rien ne les avait préparé·es. La problématique de ces gens est légèrement différente: il s'agit d'assurer le quotidien avec leur conjoint·e officiel·le tout se demandant quoi faire de leur autre histoire, celle avec un amant, une maîtresse. La question peut sembler dérisoire mais elle empêche de dormir un pourcentage non négligeable de la population: comment gérer une telle situation en temps de confinement?

Créatrice du podcast Single Jungle, Louisa a remarqué que, comme elle, de bon nombre d'internautes semblaient avoir tendance à avoir une libido plus active en période de stress. Le site Wyylde, réseau social pour adultes consentants, a quant à lui renommé son hashtag #librecesoir, destiné à faciliter les rencontres rapides, en #libresurwyylde (ou #lsw), tout en précisant bien que pour la sécurité de tout·es, on touche, mais avec les yeux. Malgré l'envie, le temps n'est décidément pas à la chope.

Save the last date

Comme l'annonce gouvernementale d'un confinement optimal était prévisible, certain·es ont pu organiser un dernier rendez-vous physique avant le confinement: «Nous nous sommes vus à midi afin de nous dire “adieu”. Mais comme nous avons habituellement un rythme de rencontre assez soutenu (entre deux à trois fois par semaine), je suis vraiment désemparée et un chouia désespérée», me raconte Jasmine*.

D'autres n'ont malheureusement pas eu cette chance, comme Agathe* et son amant: «C'est difficile de se dire qu'on ne va pas se voir pendant quinze à quarante-cinq jours... La dernière fois qu'on s'est vus on ne s'attendait pas à cela.» D'autres encore avaient prévu… et annulé pour cause de symptômes inquiétants, comme me l'explique Ludovic*: «Concrètement, elle va me manquer. Ce matin, par SMS, on a misé sur le fait qu'on allait passer quarante jours sans se voir... Je me sens presque soulagé d'avoir entendu parler de quinze jours, même si je n'y crois pas. Comme j'avais de la toux et un mal de gorge, on a préféré annuler notre rendez-vous de samedi...»

Parmi les plus grandes difficultés à prévoir, il y a la gestion de la communication avec son amant·e, rendue extrêmement compliquée par la proximité permanente des conjoint·es officiel·les et des enfants éventuels. Mais pourquoi pas utiliser la contrainte à des fins ludiques, et glisser des messages cachés à son amour (ou son plan cul) illégitime au sein d'une communication générale. C'est en tout cas ce que compte faire Dolorès*: «Je vais lui écrire, tous les jours. Prendre des nouvelles, glisser des mots doux entre des liens et des astuces pour occuper les enfants... Mais pas d'allusion sexuelle, enfin pas si vite, parce que la pression n'aura aucun intérêt sans savoir quand on se retrouvera…»

No job in zob

Pour les personnes qui n'ont pas tant de problème à trouver une excuse pour communiquer (vive le télétravail quand on bosse avec son amant·e), la relation se poursuivra de façon virtuelle. Pour André*, c'est tout vu: «Beaucoup de sextos, des photos... énormément de désir mélangé entre excitation et frustration. C'est intéressant comme sensation.» D'autres ont déjà prévu un véritable planning d'activités à partager à distance, comme l'explique par exemple Carla*: «On va s'envoyer des films via WeTransfer, des chansons par WhatsApp, je lui ferai la lecture sur fichier audio et je lui enverrai au moins 4.156 nudes vidéos ou photos en essayant d'être inventive.»

Pour certains couples illégitimes, puisqu'il est apparemment inenvisageable de ne pas se voir, on a très envie de prendre tous les risques et de contourner les injonctions gouvernementales pour se voir tout de même. «On va faire des allers-retours entre son appartement et le mien», résume Carole*. Pour d'autres, la distance géographique complique sérieusement les choses et empêche d'avoir envie de transgresser les lois: «Elle a deux fils d'une précédente union, moi j'ai une compagne et deux enfants, raconte Gabriel*. Comme on vit à 40 kilomètres l'un de l'autre, je n'ai strictement aucun moyen de la voir. Hélas, je n'ai pas de chien à promener sur 80 kilomètres.»...

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