L'industrie des croisières est-elle sur le point de baisser pavillon?

Economie

Des paquebots de croisière attendent l'autorisation de débarquer dans la baie de Manille, aux Philippines, le 31 mai 2020. | Ted Aljibe / AFP 

Les croisiéristes ont commencé à sombrer bien avant la pandémie de Covid-19.

Après le terrible naufrage du Costa-Concordia en 2012 et la cauchemardesque poop cruise («croisière caca») du Carnival Triumph en 2013, le groupe Carnival Corporation est à nouveau à la peine, cette fois-ci en raison de la crise du coronavirus.

Même après le début du confinement dans de nombreux pays à travers le monde, les navires Carnival sont restés en mer, flottant au large dans l'attente d'un endroit sûr où accoster, sans qu'aucun port ne soit disposé à les accepter –ce qui a valu aux équipages (et dans certains cas à des passagèr·es) de rester coincés à bord dans des conditions abominables.

Plus de 1.500 personnes ont finalement été diagnostiquées positives au Covid-19 sur les bateaux Carnival. Des dizaines sont mortes, parfois même sur les navires.


À bord du Carnival Panorama, bloqué au large de Long Beach en Californie, le 7 mars 2020. | Mark Ralston / AFP

Scandales à répétition

Le secteur des bateaux de croisière occupe une place à part dans l'imaginaire collectif. Il est synonyme d'excès en tous genres: des paquebots beaucoup trop gros, des buffets gargantuesques à volonté, des hordes de touristes qui prennent d'assaut des petites villes portuaires…

Les croisières font aussi de plus en plus parler d'elles pour les incidents qui s'y produisent: les sanitaires bouchés des «croisières caca», les épidémies –et je ne mentionne là que certains des horribles incidents qui se sont produits sur des navires Carnival au cours de la dernière décennie.

Ce sont ceux qui font les gros titres des journaux et marquent les esprits, mais l'on pourrait également signaler que des bateaux Carnival ont été le théâtre d'agressions sexuelles et que l'entreprise a fait l'objet de plusieurs condamnations pour pollution.

Tout cela est lié à l'étrange nature du marché des croisières. Dans le secteur, la société Carnival est de loin la plus importante compagnie à l'échelle internationale: elle possède plus d'une centaine de bateaux, sur lesquels voyagent près de la moitié des passagèr·es de croisière du monde. Son histoire est profondément liée à celle de l'industrie des croisiéristes, et elle explique énormément de choses sur l'évolution du secteur.

Il était une fois des bateaux qui constituaient le seul et unique moyen disponible pour traverser les océans. De plus en plus rapides et de plus en plus volumineux, ils atteignirent leur apogée au milieu du XXe siècle. En 1952, le paquebot United States parvint à traverser l'océan Atlantique en seulement trois jours et demi, ce qui est très rapide pour un navire.

Le problème, bien sûr, est qu'au milieu du XXe siècle, les avions (dont la vitesse est bien plus élévée) devinrent assez confortables et bon marché pour concurrencer très sérieusement les bateaux.

En 1958, pour la première fois de l'histoire, il y eut plus de personnes qui traversèrent l'Atlantique par voie aérienne que par voie maritime. Douze ans plus tard, l'avion représentait 96% des voyages transatlantiques.

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