«L'Attaque des Titans», l'anime le plus important des années 2010?

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Une série courageuse, sans «gag, pas de rire, pas d'humour». | Capture d'écran Wakanim via YouTube

Après dix ans d'intrigues, la fin de cette série tournée est imminente. Elle a été d'une efficacité redoutable, voici pourquoi.

Nous sommes le deuxième dimanche de juin 2019. Des dizaines de milliers d'otakus se connectent sur le site de VOD Wakanim. Ce soir, ils sauront enfin ce qu'il y a «dans la cave», le mystère principal de la série L'Attaque des Titans. En japonais, c'est Shingeki No Kyojin, littéralement «Le Titan d'Attaque». Titre anglais: Attack On Titan.

Cette cave et son contenu sont le point nodal qui déclenche l'explication de texte de cet univers, six ans après le début de sa diffusion. L'amorce d'une série de rebondissements puissants qui nous ramènent à l'ère de Lost. Chaque épisode est attendu avec fébrilité et provoque des tonnes de discussions de fans –chaque twist résout un mystère, en pose deux autres et ajoute une couche de scénario. Qui que vous soyez, vous avez probablement déjà entendu parler de L'Attaque des Titans, et voici pourquoi.

Entre les murs, dans les murs, hors des murs

Cette production est un univers à concept: il commence dans un village hors du temps, inspiré par un mélange entre Carcassonne et Nördlingen, en Bavière. Le jeune Eren Jaëger, comme tous ses camarades, vit enfermé. La cité est protégée par trois murs circulaires; au-delà, des titans errent sans but et tuent –avec un plaisir manifeste– les brigades d'exploration mal organisées. L'humanité a peur et lutte pour reconquérir son territoire. Mais il faut bien que l'intrigue démarre et un titan «colossal» vient défoncer le premier mur.

La zone n'est plus sûre, Eren voit sa mère mangée devant ses yeux et s'y engage: un jour, il exterminera tous les titans. La première étape est d'intégrer le bataillon d'exploration avec ses deux amis, la glaciale Mikasa et Armin, le timoré. Puis d'apprendre à se défendre contre ces grands bidules sans âme qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de mètres. Et, disons le pudiquement, qui peuvent se trouver dans les endroits les plus improbables.

Le héros Eren Jaëger confronte le Titan Colossal. | Shingeki No Kyojin © Hajime ISAYAMA / Kodansha Ltd

Ainsi démarre un récit dont on soupçonne peu l'ampleur ou les niveaux de lecture. Entre ces deux murs restants se déroule un univers, un whodunit, un vaste complot et l'intrigue prend soudainement une dimension supplémentaire. Entre-temps, beaucoup de pertes et pas mal de rebondissements d'une efficacité redoutable, même s'il est probable que l'auteur était loin de savoir où son récit allait dès le début.

Ce dernier, c'est Hajime Isayama, auteur rarissime à trouver le succès après l'équivalent d'un IUT de mangaka –d'autant que le manga, qui démarre sa publication en 2009, affiche un dessin… hésitant, pour rester diplomate. Mais la grande ambition scénaristique et l'univers font mouche, non sans prendre de risques. Le tragique constant de cette série tranche avec certaines productions légères et feel good de l'époque.

L'univers d'une génération

Pour comprendre le succès de L'Attaque des Titans, il faut se pencher sur son sens et articuler ses motifs avec l'histoire du médium et l'histoire tout court. Je me suis entretenu avec Julien Bouvard, l'un des quelques chercheurs français en japanimation, maître de conférences en langue et civilisation du Japon contemporain à l'université Lyon 3. Fan assidu, il évoque une série courageuse, sans «gag, pas de rire, pas d'humour, pas de personnage féminin ni masculin sexualisé. Tout le monde a la même manière de parler, de se battre et c'est aromantique».

Il faut comprendre que L'Attaque des Titans est central pour une génération d'otakus. Votre serviteur est de celle qui a regardé FullMetal Alchemist sur Canal+ et qui ne jurera que sur cette série. Il y aura sans doute une génération Demon Slayer. Et, entre les deux, entre 2013 et 2021, des centaines de milliers qui regardent, lisent, consomment, cosplayent L'Attaque des Titans. En convention, les fans chantent les parties allemandes de génériques iconiques, émouvants, perturbants, parfois fous...

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