«L'Amour est dans le pré»: une soirée de malaise olympique

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Une entrée en matière à ne pas reproduire chez soi. | Capture d'écran via M6

Cette semaine, l'invention la plus diabolique de la télé-réalité: le rendez-vous à trois.

Il y a une grosse quinzaine d'années, une de mes plus grandes passions, c'était les émissions de télé-réalité de MTV. Il y avait évidemment «Jackass», mais aussi «Made» ou encore l'irremplaçable «Pimp my ride».

Parmi les meilleures curiosités de la chaîne, je regrette particulièrement «Dismissed»; l'émission dans laquelle une personne célibataire s'embarquait dans un date de l'enfer avec non pas un, mais deux prétendants, qui devaient redoubler d'ingéniosité (ou de vulgarité) pour obtenir ses faveurs. Chacun son tour, les candidats organisaient un rendez-vous galant pendant que l'autre tenait la chandelle, et pouvaient sortir une carte «Time Out» qui leur permettaient d'éjecter leur concurrent pendant vingt minutes. J'ai encore des frissons de gêne en repensant à l'épisode du bain à remous, où une candidate demandait à ses deux prétendants de lui sucer les orteils en même temps. Le rendez-vous à trois, c'est peut-être l'invention la plus diabolique de la télé-réalité

«Dismissed» n'a pas duré très longtemps, mais pour retrouver le même sentiment d'angoisse intersidérale et voir des gens se prendre des vents à la télé, on peut toujours compter sur «L'Amour est dans le pré» (M6), où ce sont cette fois-ci des agriculteurs et agricultrices en quête d'amour qui se livrent à l'exercice. Je ne regarde pas souvent l'émission, mais à chaque fois que je me retrouve devant, je suis toujours aussi interloquée par le concept de faire un premier rendez-vous amoureux avec deux personnes en même temps... chez soi. Pendant plusieurs jours. Devant des caméras de télévision. Le niveau de malaise est: olympique.

On a trouvé la poignée de mains la plus gênante de l'histoire.

Jeux de mots effroyables et clichés sexistes

L'autre soir, je me suis donc arrêtée devant le septième épisode de la saison en cours de diffusion, sans rien savoir à part que, cette année, il y a aussi des lesbiennes (énorme déception: elles n'étaient pas dans cet épisode). Perso, mon rêve, c'est que deux meufs venues pour pécho un agriculteur tombent amoureuses l'une de l'autre et laissent le mec en plan (est-ce que c'est déjà arrivé, et sinon, qu'attend M6?). Malheureusement, aucun rebondissement de ce style dans l'émission du 11 octobre. Juste ce qu'on vient généralement trouver dans une émission de télé-réalité française: un léger embarras, des jeux de mots effroyables, et une bonne dose de clichés sexistes. Surtout chez le beau-frère d'Hervé, qui appelle sa femme «Quiquiche». Mec, tu rigoleras moins quand Quiquiche te quittera pour se mettre en couple avec Stéphanie. (Laissez-moi rêver.)

J'ai toujours un peu peur quand je regarde «ADP», parce que je sais quel rôle l'émission joue dans notre pop culture, elle procure un frisson d'excitation facile à certains citadins bien emmitouflés dans leur mépris de classe, fascinés par les accents du terroir, le mauvais goût ou la maladresse sociale de certains candidats. Personnellement, je suis plutôt admirative de ces gens qui arrivent à se montrer extrêmement vulnérables à l'écran, comme la très intense Mélanie, qui a fondu en larmes dès sa première rencontre au speed dating avec Jean-François, et a déclaré «c'est lui quoi, c'est l'homme de ma vie»....

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