L'affaire Carlos Ghosn nuit-elle à l'image de Renault F1?

Economie

La F1 McLaren Renault au Grand Prix des États-Unis, le 3 novembre 2019, à Austin (Texas). | Dan Istitene / Getty Images / AFP 

La marque doit composer avec une mauvaise pub, une alliance Renault-Nissan en berne et l'échec d'une fusion avec Fiat-Chrysler, alors que la F1 reprend en Australie le 15 mars prochain.

Une conférence de presse surmédiatisée, des règlements de compte, des centaines de caméras, le 8 janvier dernier à Beyrouth, Carlos Ghosn a surtout chargé la justice japonaise, et les dirigeants de Nissan. A-t-il parlé de Renault F1? Ce n'était pas le sujet, mais aujourd'hui, l'affaire Ghosn rejaillit négativement sur beaucoup d'investissements périphériques, et notamment la Formule 1.

Renault F1 en danger

Renault F1 est-elle en danger? Oui, selon Vincent Chaudel, économiste du sport et fondateur de l'Observatoire du sport business: «Indirectement, cette affaire n'est pas bonne pour l'alliance. Renault-Nissan est économiquement en situation délicate. C'est le seul groupe automobile en perte de vitesse en valorisation boursière, explique-t-il avant de poursuivre: Est-ce que sa sortie a affaibli l'alliance? Oui, et Renault peut devenir une proie pour d'autres groupes. Renault, seule, pourrait avoir envie de faire des économies et revoir ses dépenses F1. Une sorte d'effet collatéral.»

Quel est le budget de Renault F1? 330 millions par an, selon nos informations. Une somme dont 40% viennent de la marque française, 30% des sponsors et dont 30% sont issus des accords Concorde (qui concernent la redistribution des revenus de la F1 aux écuries). Un peu plus de 100 millions donc investis par Renault, car au-delà de l'affaire Ghosn, la question commerciale se pose: Renault vend-elle plus de voitures depuis son retour en F1 en 2016?

Difficile à quantifier. Les seuls chiffres dont nous disposons: près de 4 millions de véhicules vendus par an et quasi 11 millions avec l'alliance Nissan- Mitsubishi. Et difficile à imaginer tant les résultats sportifs sont mauvais (pas une victoire depuis le retour de Renault en F1 il y a quatre ans).

En revanche, en étant présente en Formule 1, la marque met l'accent sur ses gammes sportives et jeunes. Un travail de long terme nécessaire pour rajeunir son image et la rendre plus dynamique.

«Renault n'a rien à faire en F1»

En poussant la question un peu plus loin, Renault doit-elle rester en F1? Cyril Abiteboul, patron de l'écurie française, livre sa version officielle: «On est sur un plan à long terme qui doit nous permettre de gagner. Il n'y a pas de stratégie de domination à n'importe quel prix: cela ne fonctionne pas car la construction d'une équipe championne du monde prend du temps. Même Mercedes et Red Bull ont mis cinq ans au minimum pour gagner pendant que Ferrari n'en finit pas de se réorganiser en espérant renouer avec des titres. Mais dès cette saison, nous devons renouer avec notre trajectoire de progression pour rassurer sur notre capacité à atteindre nos objectifs.»

Un spécialiste du paddock prend, lui, un peu de recul: «Pourquoi Ferrari est-elle là depuis le début en F1? Renault n'a rien à y faire. Renault n'a pas de voiture sportive. Vous avez déjà vu Saab en Formule 1? Si Renault gagne en F1, il n'est même pas sûr que ta Clio gagnera en performance. Ferrari, c'est leur sport, leur ADN. La F1 colle à l'image de Ferrari»....

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