Keanu Reeves est l'élu venu nous sauver du monde de Trump

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Dans une époque empoisonnée par l'agressivité et l'incivilité, la star de «Matrix» est célébrée pour son humilité et sa gentillesse.

En août 2018, une image insoutenable faisait le tour du monde: un jeune garçon refusait de serrer sa mère, impuissante et en pleurs, dans ses bras. Traumatisé par plusieurs jours passés dans des campements de fortune où il n'était entouré que d'inconnus en uniforme, le petit était persuadé d'avoir été abandonné par ses parents, arrêtés par la police et séparés de lui au moment de franchir la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

Un cauchemar qui, pour plusieurs milliers d'enfants, avait transformé l'horreur des contes de Perrault en réalité tangible. Mais cette fois, point de morale.

Un seuil dans la cruauté avait été franchi par le gouvernement de Donald Trump, responsable de cette décision censée dissuader les familles sud-américaines de se rendre au nord. Une abomination parmi d'autres: depuis trois ans, le quarante-cinquième président américain a habitué le monde à l'atrocité de ses actes et paroles visant celles et ceux n'ayant pas la même couleur de peau, la même opinion, le même genre et/ou la même orientation sexuelle. Et avec lui, comme un alpiniste si obsédé par son selfie qu'il en a piétiné les cadavres gelés des personnes qui partageaient son rêve, le monde s'est habitué à cette méchanceté gratuite qui s'étale sur les réseaux sociaux, dans la rue ou les médias.

C'est pourquoi, depuis trois ans, le monde essaye comme il le peut de contrebalancer l'anxiété créé par ce constant sentiment d'effroi en faisant d'insolites personnages ses nouveaux apôtres.

Pour répandre le message du bien, de l'empathie et de la civilité, on a ainsi trouvé l'ours Paddington, qui expliquait dans le deuxième volet de ses aventures sorti en 2017 que «si vous êtes gentil et poli, le monde ira bien», ou Fred Rogers, la star pendant trente ans d'une émission de télé pour enfants devenu, à la faveur d'un documentaire biographique sorti en 2018, une figure quasi déifiée de la «gentillesse radicale». «L'amour n'est pas un état de bienveillance parfaite, mais un nom actif comme lutte», avait-il l'habitude de dire, avant d'ajouter qu'«aimer une personne, c'est s'efforcer de l'accepter telle qu'elle est, ici et maintenant».

Déluge d'anecdotes

Depuis quelques mois, c'est une autre figure qui semble concentrer tout l'amour d'un certain internet fatigué des saillies violentes et déshumanisantes du président américain et de ses différents adeptes et disciples dans le monde. L'élu se nomme Keanu Reeves.

Au mois de mai 2019, James Dator, un journaliste du site sportif SBNation, racontait dans une série de tweets comment, par une calme matinée de 2001, l'acteur est entré dans sa vie en pénétrant dans le cinéma de Sydney où il travaillait comme ouvreur.

«Il veut acheter une place pour From Hell, le film avec Johnny Depp, racontait-il. Je suis tellement impressionné que je fais ce que tout adolescent sensible de 16 ans aurait fait, et lui dit que j'aimerais lui offrir ma réduction d'employé. Cela veut dire qu'il aurait besoin de signer ma feuille, une façon d'avoir son autographe. “Je ne travaille pas ici”, me dit Keanu, visiblement confus par mon offre. Je lui facture donc le prix normal, énervé par moi-même de ne pas avoir réussi à avoir son autographe. Deux minutes plus tard, on frappe à la porte derrière moi. J'imagine que c'est mon patron. C'est Keanu. “J'ai réalisé que tu voulais probablement mon autographe, alors j'ai signé ça”, me dit-il. Il me tend un ticket de caisse du stand de confiseries, qu'il a signé au dos. Il a ensuite nonchalamment jeté une glace dans la poubelle et est parti voir son film. J'ai réalisé plus tard qu'il avait acheté une glace dont il ne voulait pas juste pour avoir un ticket de caisse sur lequel il pourrait signer un autographe à un idiot de 16 ans.»

Partagée près de 20.000 fois, cette anecdote se révèlera en fait être le prologue de ce qui ressemble beaucoup à une forme de nouveaux évangiles 2.0, un déluge de récits de gentillesse s'abattant sur les tweets de Dator.

Des dizaines d'anonymes se mettent à leur tour à raconter, avec une extraordinaire courtoisie, leur rencontre avec la star de Matrix et de Speed. Beaucoup mentionnent à quel point il accepte volontiers de signer des autographes et de prendre des selfies. Un autre relate qu'il a un jour discuté quarante-cinq minutes avec l'acteur dans un aéroport.

Ces histoires corroborent celles –nombreuses– racontées à propos de l'acteur sur les réseaux sociaux, et notamment sur Reddit, depuis une dizaine d'années. Celle où il aurait offert le petit déjeuner et le déjeuner pendant plusieurs semaines à toute l'équipe technique du film Poursuite. Celle où il aurait fait un détour de 80 kilomètres pour raccompagner chez elle une jeune femme dont la voiture était tombé en panne, qui rappelle celle où il aurait dépanné une alors inconnue Octavia Spencer. Celle aussi où il aurait offert 20.000 dollars à un menuisier travaillant sur les décors de Matrix, après avoir appris qu'il avait des difficultés financières. Celle où il aurait patienté vingt minutes sous la pluie parce que la sécurité de la fête de fin de tournage de son film Daughter of God ne l'avait pas reconnu à l'entrée. Celle enfin où il aurait offert des Harley-Davidson à tous ses cascadeurs sur le tournage du deuxième Matrix....

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