J'ai lu les derniers rapports sur le climat, je peux vous dire qu'on est dans la merde

Environnement

Bientôt une scène routinière. | Daniel Tausis via Unsplash

«Le pire est à venir, avec des implications sur la vie de nos enfants et nos petits-enfants bien plus que sur la nôtre.»

Cette semaine, j'ai décidé de vivre une expérience extrême. J'ai décidé de lire les rapports sur le climat.

Je suis désormais en mesure de vous dire que tout va bien aller, ne vous inquiétez pas.

Je plaisante.

C'est la catastrophe.

Le rapport du GIEC n'est pas encore sorti, on a seulement les fuites publiées par l'AFP. Vous en avez peut-être déjà lu les meilleures citations. Perso, j'aime beaucoup celle-ci: «Le pire est à venir, avec des implications sur la vie de nos enfants et nos petits-enfants bien plus que sur la nôtre.» Mais j'ai également un faible pour celle-là: «Si la vie sur Terre peut se remettre d'un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes, l'humanité ne le peut pas.»

Et bonnes vacances hein!

Pour vous situer où nous en sommes (concrètement, dans un seau de caca): en 2015, on signe l'accord de Paris pour dire qu'on va faire plein d'efforts pour limiter la hausse du réchauffement à 2 degrés. Le GIEC nous dit qu'avec 1,5 degré de hausse, on aura déjà 350 millions d'habitants supplémentaires exposés aux pénuries d'eau et 420 millions de personnes de plus menacées par des canicules extrêmes. Je vous passe les divers cyclones, sécheresses, incendies, inondations, maladies transportées par les moustiques.

Mais on sent que quelqu'un s'est dit que ça serait bien de mettre une touche d'optimisme, donc on peut aussi lire que «nous avons besoin d'une transformation radicale des processus et des comportements à tous les niveaux: individus, communautés, entreprises, institutions et gouvernements» ou que «nous devons redéfinir notre mode de vie et de consommation».

Bons élèves? Non, tricheurs

Sur ma lancée, j'ai donc décidé de me faire également les 184 pages du rapport annuel 2021 du Haut Conseil pour le climat. Au début, il dresse un bilan de la situation de la France. Petit rappel: le changement climatique est déjà là, et d'ailleurs l'hiver 2020 a été le plus doux depuis 1900 selon Météo France. «Les transports restent la première source d'émissions de gaz à e­ffet de serre en France, le seul secteur en hausse entre 1990 et 2019. C'est le cas aussi dans l'ensemble de l'Europe. La croissance de la demande de transport et l'absence de report au bénéfi­ce du rail sont les deux principaux facteurs entravant la réduction des émissions.» Le train donc, mais enfin, on le sait depuis longtemps, il faut privilégier le train.

On a un autre problème de taille. On importe trop. Notre empreinte carbone depuis 1995 a baissé (serions-nous de bons élèves?), mais si on prend en compte nos importations, elle a augmenté (eh bah non, on a juste triché en faisant venir de plus loin): «Les émissions associées aux importations, qui ont fortement augmenté depuis 1995, sont devenues dominantes dans l'empreinte carbone de la France. [...] En 2016, elles représentent un peu plus de la moitié (51%) de l'empreinte carbone de la France. Les émissions associées à la production intérieure (hors exportations) représentent quant à elles 31% de l'empreinte carbone de la France, et les émissions directes des ménages (chauffage et mobilités) en représentent 18%.» On pollue moins sur notre territoire, mais on pollue plus en faisant venir d'ailleurs. Astuce...

Ce que j'aime bien avec le Haut Conseil au climat, c'est quand il tente d'être concret. Il suggère ainsi: «La date d'arrêt de vente des véhicules thermiques pourrait être avancée à 2030 comme au Royaume-Uni. Les malus sur le poids des véhicules devraient s'appliquer plus rapidement à des catégories de véhicules signifi­catives. La sortie des énergies fossiles pour le chauffage des bâtiments devrait être annoncée, ou les exemptions de taxes sur le ­fioul, notamment à usage agricole, levées.»

Et j'ai découvert l'existence du concept d'«indépendance protéinique» ainsi que d'un «plan protéines végétales»: «Développer un plan protéines végétales ambitieux pour l'alimentation animale et humaine. Cette proposition vise deux objectifs. D'une part, les cultures de légumineuses permettent de diminuer les apports en azote tout en augmentant le stockage du carbone dans les sols. D'autre part, le développement d'une fi­lière française peut substituer par une production nationale les importations de soja et ainsi contribuer à la lutte contre la déforestation importée.»...

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