«J'ai encore plus envie d'aider»: face à la crise sanitaire, l'attractivité du métier d'infirmier résiste

Santé

 Un soignant, au service des urgences de l'hôpital Louis Pasteur à Colmar, le 26 mars 2020. | Sébastien Bozon / AFP 

Plongés au cœur de l'urgence pandémique, les étudiants infirmiers ne regrettent pas leur choix professionnel. La situation semble même avoir créé des vocations.

Depuis un an, ils viennent grossir les rangs des établissements de santé pour lutter contre le Covid-19. Les étudiants en soins infirmiers ont largement participé à l'effort sanitaire. À chaque étape de la crise, leurs compétences ont été mobilisées. Dans le cadre de leurs stages, ou en tant que volontaires, ils sont venus renforcer les centres de régulation du Samu, pallier les absences de soignants tombés malades, prêter main forte aux unités Covid, effectuer des tests PCR ou vacciner la population. Ils ont été confrontés brutalement au manque de moyens du milieu hospitalier et à toutes les difficultés de leur futur métier.

D'après une enquête réalisée par la Fédération nationale des étudiants en soins Infirmiers (FNESI), 85% d'entre eux ont participé à l'effort lors de la première vague. À cette époque, l'envie d'être utile et d'aider domine. «Il y avait un peu de peur, car nous ne connaissions pas le virus, mais surtout de l'adrénaline. Nous avions des compétences, bien évidemment nous voulions les mettre à contribution», se souvient Bleuenn Laot, présidente de la FNESI et infirmière diplômée en juillet 2020.

Maxime, étudiant à Strasbourg en troisième année, est tombé malade juste au début de la crise. «À l'époque, il y avait encore la quatorzaine et l'attente a été particulièrement frustrante. Je me sentais inutile, j'appelais ma formatrice référente tous les jours pour m'assurer qu'elle me trouve un lieu de stage où je puisse aider une fois guéri.»

Naiza, étudiante à Paris, n'a pas eu non plus d'hésitation. «Nous n'étions pas en stage, et notre institut de formation en soins infirmiers (IFSI) nous a demandé s'il y avait des volontaires pour aller aider, en plus de nos horaires de formation. La majorité a accepté par conscience professionnelle. Moi, je me suis proposée en tant qu'aide-soignante [à la fin de leur première année d'études, les étudiants ont l'équivalent du diplôme d'aide-soignant, ndlr] en service de réanimation, car c'est là qu'il y avait le plus gros manque. J'ai fait environ 170 heures, de jours, de nuits, le week-end…»

La résilience en commun

Alors que la situation sanitaire s'emballe, que les premières vidéos des soignants italiens en larmes font le tour des JT, les IFSI s'inquiètent des répercussions sur leurs étudiants mobilisés sur le terrain. Marie-Luce Rouxel, directrice déléguée à la formation de la Croix-Rouge francaise, explique: «Quand vous vous retrouvez avec des premières années sur des territoires tendus, bien évidemment, vous êtes inquiet. Cela a été compliqué pour beaucoup. Être confronté à la mort dans de telles proportions... Personne n'est préparé à ça. Leur état psychologique nous a préoccupés et nous avons mis en place un accompagnement renforcé avec des cellules de soutien psychologique.»

Romain est en première année à Abbeville (Hauts-de-France), quand la situation sanitaire se dégrade. La structure de stage qui doit l'accueillir ferme et il accepte d'être mobilisé en service Covid. Le virus est encore méconnu. Personne ne sait à quoi s'attendre, le jeune étudiant est confronté aux couacs et difficultés des prémices de la gestion de crise. «Nous étions un peu considérés comme des pestiférés. Nous ne pouvions pas sortir du service et personne ne s'approchait à moins de dix mètres. Certains soignants s'étaient isolés de leur famille pour les protéger du virus. Il y avait énormément de tristesse. Il y a eu également les pénuries de masques qui inquiétaient beaucoup nos proches. Mais, surtout, il y avait cette sensation de ne pas faire suffisamment pour les patients. Ce métier, on le fait pour aider les personnes, mais nous ne pouvions pas les accompagner au maximum par manque de temps, car nous devions rester le moins possible dans les chambres pour éviter la contamination.»...

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