Italie : « L’argumentaire xénophobe et eurosceptique ne doit pas l’emporter »

Politique

Le contrat de gouvernement de La Ligue et du Mouvement 5 étoiles, présenté le lundi 21 mai en Italie, prévoit de « dépasser le règlement de Dublin ». Il faut abolir ce règlement mais pour de bonnes raisons, estime la chercheuse Marie Bassi, dans une tribune au « Monde ».

Tribune. « Il faut dépasser le règlement européen de Dublin » : cette phrase figure parmi les trois pages consacrées à l’immigration dans le contrat de gouvernement scellé entre La Ligue du Nord et le Mouvement 5 étoiles (M5S). Une courte phrase dans le chapitre : « Immigration : rapatriement et arrêt du business » caractérisé par une orientation sécuritaire et des propositions maintes fois entendues, maintes fois répétées, par les acteurs politiques et dénoncées par les chercheurs et les ONG.

Peu appliqué pendant près de quinze ans, le règlement de Dublin a fait son apparition sur la scène médiatique lors de la « crise » de 2015. Entré en vigueur en 1997 et réformé en 2003 (Dublin II) puis en 2013 (Dublin III), il est à nouveau en négociation dans les arènes européennes. En dépit de ces réformes, ces textes ont conservé le même principe : un demandeur d’asile doit déposer sa demande d’asile dans le premier pays européen où il a posé le pied, ou plutôt où ses empreintes ont été relevées.

Depuis sa création, le règlement de Dublin a été critiqué par les Etats membres du Sud, des ONG et des chercheurs. Aujourd’hui, c’est un programme proposé par des forces eurosceptiques et hostiles à l’immigration qui le dénonce. Ce paradoxe n’est qu’apparent. Il faut bien abolir Dublin, mais pas pour les raisons invoquées par la Ligue et le M5S : jouant sur les peurs afin d’asseoir leur popularité et stimulant les réflexes d’exclusion, ils veulent « dépasser » Dublin pour accueillir moins d’étrangers.

Un obstacle à une politique solidaire

 

S’il faut abolir le règlement de Dublin, c’est parce qu’il constitue un des obstacles à la mise en place d’une politique d’asile harmonisée et solidaire. Abolissons-le à cause de son absurdité, de son coût et de ses effets désastreux en termes diplomatiques et humains.

La première conséquence de ce texte est de faire reposer la prise en charge de l’asile sur les pays où...


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