Huit grandes voix de la radio livrent leurs plus beaux souvenirs radiophoniques

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Laure Adler | France Inter / Christophe Abramowitz - Christophe Hondelatte | Marie Etchegoyen / Europe 1 - Montage Slate.fr

À l'occasion de la première Fête de la radio, Christophe Hondelatte, Laure Adler, Difool, Émilie Mazoyer, Augustin Trapenard, Christine Ockrent, Christophe Jakubyszyn et Marie Bernardeau ont accepté de confier leur plus beau souvenir d'antenne.

Cent ans déjà que les ondes nous portent. Entre la diffusion du premier concert sur Radio Tour Eiffel en 1921 et la dernière interview politique écoutée d'une oreille distraite en débarrassant la table du petit-déjeuner ce matin, des millions d'heures de programmes radiophoniques ont bercé les oreilles des Français. De la musique, des débats, des journaux, des fictions, des interviews, des jingles et même parfois des spectacles rien que pour les oreilles ont accompagné des générations entières.

Mais que reste-t-il de ces instant fugaces, disparus aussitôt qu'ils étaient diffusés jusqu'à l'arrivée des podcasts? Pour cette première édition de la Fête de la radio, nous avons choisi d'interroger quelques-unes des grandes voix qui accompagnent les auditeurs et auditrices d'aujourd'hui pour leur demander de se livrer à un exercice un peu particulier: nous raconter un souvenir sur ce média qui les a particulièrement marquées, derrière le micro et/ou devant le poste de radio. Un moment qui reste gravé dans leur mémoire et qu'elles ont accepté de partager pour célébrer ce beau centenaire.

Christophe Hondelatte

Après de longues années à Radio France et RTL, ainsi qu'une belle carrière télévisuelle à la tête du journal de 13h sur France 2 et de l'émission «Faites entrer l'accusé», Christophe Hondelatte anime depuis 2016 l'émission de récits «Hondelatte raconte» sur Europe 1.

«J'ai grandi en écoutant France Inter pour la bonne et simple raison qu'au Pays basque on ne captait que ça et Radio Monte Carlo. De cette époque, il me reste un souvenir ineffaçable de ma mémoire –qui n'y est d'ailleurs pas pour rien dans ce que je fais aujourd'hui: l'émission «Ève raconte», d'Ève Ruggieri, que j'écoutais avant d'aller au lycée sur la radio de la cuisine. C'était chaque matin de 9h à 10h sur France Inter et c'était délicieux, vivant, espiègle! Elle racontait essentiellement des histoires de musiciens classiques ou de personnages historiques, mais elle ajoutait au récit une dose coquine et légèrement érotique. C'est elle qui m'a donné envie de raconter à mon tour. Je précise que le titre de mon émission n'est pas un hommage à son émission, puisque je ne l'ai pas choisi! (rires)»

«Plus tard j'ai moi-même travaillé à France Inter où j'ai été grand reporter. Je me souviens particulièrement d'un reportage à Auschwitz: on m'y avait envoyé pour couvrir les cinquante ans de la libération du camp. J'étais dans ma posture de journaliste, qui n'est pas propice à l'émotion, mais j'été ébranlé par le Kadich [la prière pour les morts, ndlr] qu'a chanté le Grand rabin de Jérusalem, si mes souvenirs sont bons. Cette voix qui montait au-dessus du camp... C'était bouleversant. Récemment j'ai retrouvé la bande magnétique de cet enregistrement et contrairement à d'autres de mes archives, je n'ai pas voulu m'en séparer. Peut-être que je la réutiliserai dans l'une de mes émissions.»

Laure Adler

Après plusieurs décennies à France Culture, dont elle a été la directrice pendant six ans au début des années 2000, Laure Adler anime depuis 2016 l'émission quotidienne «L'heure bleue» sur France Inter.

«J'ai grandi en Afrique, où je n'avais pas de radio. C'est en allant chez ma grand-mère à Caen vers 9 ou 10 ans que j'ai découvert ce média. Elle avait une magnifique radio –c'était un meuble à l'époque– qui trônait dans la cuisine. On l'écoutait religieusement. Plus tard j'ai été très marquée par l'émission Comment l'entendez-vous? de Claude Maupomé, sur France Musique. Pour moi c'est un grand souvenir de radio, l'une des plus belles émissions qui ait existé: Claude Maupomé avait une voix chaleureuse, profonde. Elle m'a initiée à la musique et par l'intelligence de ses questions elle permettait à des gens qui n'étaient pas des spécialistes de rentrer dans les oeuvres classiques. Avec elle j'ai découvert la force de l'oeuvre de Pierre Boulez, que j'ai eu le plaisir de rencontrer par la suite.» 

«Je n'ai pas UN souvenir d'enregistrement plus marquant qu'un autre. Chaque jour est un recommencement: hier j'ai reçu le pédiatre Aldo Naouri qui avait choisi de faire ententre “Ne me quitte pas” de Jacques Brel. Pendant que la chanson passait dans le studio, il s'est mis à pleurer. Je ne savais pas quoi faire. J'avais moi-même envie de pleurer. Comme j'avais lu son livre, je savais qu'il venait de perdre son épouse, et qu'il pensait sûrement à elle en choisissant cette chanson. Ça m'a bouleversée. C'est ça que j'aime à la radio: le fait de ne pas savoir de quoi demain sera fait.»

Difool

Après quelques années sur Fun radio, où il se fait connaître avec son accolyte Doc dans «Lovin' Fun», David Massard (alias Difool) rejoint Skyrock. Depuis près de vingt-cinq ans, il est à la tête de l'émission «La radio libre de Difool»...

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