«Homecoming», série à l'écriture millimétrée et empathique

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Janelle Monáe dans la saison 2 de Homecoming. | Capture d'écran via YouTube

Dans la saison 2, l'intrigue se complexifie et gagne en émotion, grâce notamment à l'ajout de plusieurs personnages féminins électrisants.

Voici les ingrédients qu'il vous faut pour créer une série «prestige»: des têtes d'affiche importées du ciné, une réalisation léchée, une histoire adaptée d'un livre ou film (ou même podcast) célèbre, des décors et des costumes de qualité et une bande-son addictive. À l'ère de la «too much TV», où les chaînes se disputent constamment l'attention des spectateurs et spectatrices, cette recette est vite devenue la solution de facilité pour produire des séries à succès. Le problème, c'est que cette formule néglige souvent l'élément-clé de l'ADN sériel: l'écriture.

On se retrouve alors avec des séries qui possèdent tous les marqueurs de la qualité sans en avoir la substance (House of Cards, Westworld, The Morning Show, The Young Pope, Euphoria…). Ces programmes attirent l'attention du public et de la critique au détriment d'autres, plus anonymes et handicapés par leur look très «télé» –des séries comme Jane the Virgin ou Crazy Ex-Girlfriend, qui ont pourtant bousculé les codes du genre et constamment innové au niveau de l'écriture.

Cette semaine, on a droit à trois cas d'école. Il y a Homecoming, qui dans sa première saison avait tous les travers de la télé «prestige» formulaïque mais qui revient pour un bien meilleur second chapitre; Snowpiercer, adaptation du film culte de Bong Joon-ho, qui promettait d'être l'une des productions les plus léchées de la saison mais qui emprunte finalement plus à l'esthétique CW qu'à HBO; et The Great, dont les costumes magnifiques ne parviennent pas à masquer la vacuité.

Le gros plan: «Homecoming» (Amazon Prime Video)

Réalisée par Sam Esmail, la première saison de ce thriller (adapté du podcast du même nom) était une vraie démonstration de style. Le réalisateur enchaînait les plans époustouflants et les clins d'œil à des classiques du cinéma, mais le résultat, bien que très «prestigieux», nous avait laissées un peu froides. La saison 2, désormais entre les mains de Kyle Patrick Alvarez, poursuit le récit entamé par la première, et nous plonge à nouveau dans les arcanes de Geist, une entreprise glaçante qui mène des expériences mystérieuses sur des vétérans américains.

L'intrigue se complexifie et gagne en émotion, grâce notamment à l'ajout de plusieurs personnages féminins électrisants, incarnés par les talentueuses Janelle Monáe, Hong Chau et Joan Cusack. Stephan James est quant à lui de retour, toujours aussi attachant dans le rôle d'un soldat amnésique. Avec sa construction en plusieurs timelines, son atmosphère opaque, ses personnages hauts en couleur et sa réalisation très stylisée, cette saison 2 invoque tour à tour Soderbergh, Lynch et De Palma. Mais c'est surtout la qualité de son écriture, à la fois millimétrée et empathique, qui nous séduit. En 2018, on ne ressentait ni l'envie, ni le besoin de voir une saison 2. Maintenant, on rêve d'une saison 3.

On regarde ou pas?

Snowpiercer (Netflix)

Pas la peine de comparer la série au film de Bong Joon-ho; ce dernier est incontestablement supérieur en tout point, et la série s'apprécie beaucoup mieux si on n'essaie pas de lui imposer des attentes cinématographiques. Produite par TNT et distribuée par Netflix à l'international, Snowpiercer a souffert pendant plusieurs années d'un développement chaotique et de lourds différends créatifs. Et cela se ressent, surtout dans ses premiers épisodes. Loin de la patine prestigieuse à laquelle on s'attendait, la série post-apocalyptique démarre avec une intrigue procédurale à l'ancienne et un meurtre à résoudre. Les épisodes semblent avoir été écrits à l'aide d'un dictionnaire des clichés, et les visuels sont souvent cheap. Mais passé son démarrage cahoteux, Snowpiercer finit par trouver son rythme et se révèle de plus en plus divertissante. La deuxième partie de la saison, qui se focalise plus sur l'arc narratif global et les oppositions de classe entre l'arrière et l'avant du train, élève considérablement les enjeux.

Ce qui joue aussi en faveur de la série, c'est sa collection de personnages secondaires attachants (notamment Roche, incarné par Mike O'Malley) et l'excellente performance de Jennifer Connelly, qui réussit à faire de Melanie un personnage ambivalent et charismatique malgré des dialogues parfois maladroits. Si vous cherchez une série à mettre en fond pendant que vous vous épilez / faites un shampoing / épluchez vos patates, c'est le choix parfait.

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