Harry et Meghan, la délicate transition

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Le prince Harry et Meghan Markle au Haut-commissariat du Canada au Royaume-Uni, le 7 janvier 2020 à Londres. | Daniel Leal-Olivas / AFP / POOL 

De la vie royale à la vie civile, les Sussex s'apprêtent à négocier un virage inédit et périlleux vers leur nouvelle carrière.

En annonçant début janvier 2020 leur souhait de «se mettre en retrait de leurs devoirs royaux» pour gagner en indépendance, le prince Harry et sa femme Meghan Markle espéraient se tailler un rôle «progressiste» et sur mesure au service de la Couronne. Le couple pensait pouvoir développer ses activités personnelles tout en continuant à «collaborer» avec la reine. Mais il s'est avéré qu'on ne modernise pas si facilement une institution séculaire, et surtout, qu'on ne négocie pas avec la monarchie.

D'âpres discussions entre les Sussex, la reine et ses héritiers ont finalement abouti le 18 janvier à un accord qualifié de «Megxit dur» par les médias britanniques. Depuis, la duchesse et le duc sont entrés dans une phase de transition encore jamais expérimentée entre vie royale et vie civile. Provisoirement installés à Vancouver Island, au Canada, ils préparent avec le palais de Buckingham leur émancipation de la Firme, et planchent en solo sur le prochain chapitre de leur vie.

Dans cette nouvelle vie, Harry et Meghan devront commencer par se trouver un nouveau nom de marque. «Sussex Royal», qu'ils ont déposé pour en protéger toute exploitation commerciale, qu'ils utilisent sur Instagram (où ils sont suivis par 11,2 millions de personnes) et qui est aussi le nom de domaine de leur site internet, n'est plus acceptable. Ils restent duc et duchesse de Sussex mais la reine est catégorique: le «Royal» doit sauter, hors de question de l'exploiter à des fins commerciales. Dans cette nouvelle vie, le couple devra aussi fermer son bureau de Buckingham. Quinze employé·es (secrétaire privé, chargé de communication, community manager, responsable de la coordination de leurs projets...), dont certain·es collaborent depuis longtemps avec Harry, seront bientôt sur le carreau.

À partir de la fin du mois de mars, Harry et Meghan ne seront en effet plus considérés comme des membres actifs de la monarchie britannique. Ils ne pourront par conséquent plus faire usage de leur prédicat d'Altesse Royale, n'assureront plus de fonctions officielles et ne recevront plus d'allocation issue de fonds publics. Le couple s'est même engagé à rembourser l'argent provenant du contribuable ayant servi à la rénovation de leur résidence du Frogmore Cottage –soit une somme avoisinant les 2,8 millions d'euros... C'est le prix à payer pour acquérir leur liberté de vivre où ils veulent, lancer leur fondation selon leurs termes et gagner leur vie comme ils l'entendent. Mais avant cela, il leur reste à s'acquitter de quelques ultimes obligations envers la Couronne.

Renoncements et perpétuations

La reine Elizabeth a notamment convoqué le duc et la duchesse de Sussex le 9 mars à l'abbaye de Westminster, pour assister avec le reste du clan Windsor à la messe donnée pour la journée du Commonwealth. Ce sera l'occasion d'afficher un semblant d'unité familiale malgré la tempête, mais la participation des Sussex à cette messe n'est pas qu'une question d'image. Elle fera aussi office d'adieux symboliques.

En avril 2018, la reine nommait Harry au poste d'ambassadeur de la jeunesse du Commonwealth: à ce titre, le prince avait effectué avec son épouse un voyage officiel de seize jours dans le Pacifique à l'automne 2018, puis une tournée de dix jours en Afrique du Sud à l'automne suivant. D'après les accords établis le mois dernier, à l'avenir Harry ne représentera plus sa majesté: il doit donc renoncer à ce poste.

La reine a en revanche accepté qu'à titre personnel les Sussex restent patrons des associations qu'ils ont choisi de soutenir quand ils étaient au service de la monarchie. C'est le cas de The Queen's Commonwealth Trust, une ONG visant à aider et promouvoir le travail des jeunes entrepreneurs des cinquante-quatre pays membres, dont Harry est président et Meghan vice-présidente. La perpétuation de ces implications associatives est un autre argument pour justifier la présence du couple à cette messe très médiatique en l'honneur du Commonwealth.

Parmi les autres renoncements à venir pour les Sussex, Harry devra également profiter de son séjour en Angleterre pour quitter ses fonctions militaires honorifiques. Un abandon particulièrement douloureux pour celui qui considère ses dix années de carrière au service de l'armée britannique comme une rédemption. De 20 à 30 ans, alors qu'il accumulait les frasques et les errances en privé, Harry a trouvé dans la vie militaire un refuge. Toujours très impliqué auprès des forces armées même depuis sa retraite, le prince a d'ailleurs initié en 2014 les Invictus Games, une compétition sportive internationale destinée aux soldats et vétérans blessés ou handicapés.

Attendu le 7 mars au Royal Albert Hall pour le Mountbatten Festival of Music, auquel participe l'orchestre de la Royal Navy, le prince Harry pourra endosser le costume et revendiquer le titre de Capitaine général des Royal Marines une dernière fois. Son grand-père le prince Philip lui avait transmis ce titre à son départ en retraite en 2017, et c'est à sa tante la princesse Anne que Harry devrait à son tour passer le relai. Déjà associée à soixante-cinq organisations militaires, la fille unique d'Elizabeth et Philip deviendra à 69 ans la première femme de la famille royale à assurer cette fonction.

D'ici fin mars, les Sussex vont ainsi se détacher de tout ce qui les relie encore formellement à la Couronne. Dans son communiqué du 18 janvier, la reine a malgré cela insisté sur le fait que «Harry, Meghan et Archie seront toujours des membres chéris de ma famille». Ils devraient donc continuer à être invités aux grands événements familiaux tels que Trooping the Colour, la cérémonie annuelle célébrant l'anniversaire du monarque, ou encore aux mariages royaux –celui de la princesse Beatrice d'York, cousine de Harry, a été annoncé pour le 29 mai prochain à Londres.

Même affranchis de leurs rôles officiels, Harry et Meghan resteront fatalement associés à la monarchie britannique dans l'inconscient collectif. L'aura mondiale du couple auprès des jeunes générations reste aussi un atout non négligeable pour l'image de la Couronne. En ce sens, la séparation ne doit pas apparaître comme une punition de l'institution envers ces jeunes gens modernes, amoureux, populaires et épris d'indépendance...

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