Grève dans les transports : « La trêve de Noël, franchement, pour nous c’est non », dit Laurent Brun, de la CGT des cheminots

Politique

Depuis vendredi, le gouvernement met la pression sur les grévistes pour faire cesser la mobilisation contre la réforme des retraites durant les fêtes.

Laurent Brun est secrétaire général de la Fédération CGT des cheminots, premier syndicat de la SNCF. Il est à la tête du principal préavis de grève, déposé avec l’UNSA Ferroviaire et SUD-Rail, qui perturbe fortement la circulation des trains en France depuis le jeudi 5 décembre, dans le cadre de la mobilisation contre la réforme des retraites annoncée par le gouvernement d’Edouard Philippe. Ce dernier met toutefois la pression sur les grévistes pour suspendre leur mouvement durant les fêtes de Noël.

Acceptez-vous la trêve de Noël que vous propose le président de la SNCF, Jean-Pierre Farandou ?

Nous aussi, nous sommes favorables à un arrêt de la grève avant Noël. Le gouvernement dispose d’une semaine pour annoncer le retrait de son projet et s’il agit ainsi le conflit peut s’arrêter très vite. Mais dans le cas contraire, c’est hors de question. Une grève reconductible qui fait une trêve, cela n’existe pas. Vous imaginez vraiment qu’au bout de vingt jours de pertes de salaire les grévistes vont s’arrêter comme ça ?

Mais ce qui est proposé ce serait une pause, une mise entre parenthèses du mouvement pour permettre aux Français de se déplacer pour les fêtes de fin d’année, et qui reprendrait éventuellement après…

Ce sont les grévistes qui décideront, assemblée générale par assemblée générale, mais, franchement, pour nous c’est non. Ce genre d’idée, c’est de la fumisterie et cela montre une vraie méconnaissance du fonctionnement social.

Je pense que c’est surtout fait pour nous décrédibiliser, pour retourner l’opinion contre les grévistes qui seraient soi-disant insensibles aux difficultés des Français. Mais cela ne marche pas, le mouvement est soutenu par les deux tiers des citoyens. Les personnes que je croise me disent : « On vous soutient, évidemment on aimerait que cela s’arrête mais on comprend votre action. »

Le gouvernement est décrédibilisé, son chargé de mission traîne derrière lui une batterie de cuisine de casseroles [Le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye est sous pression depuis la publication des révélations sur ses nombreuses omissions sur sa déclaration d’intérêts], et je crois qu’il n’a pas idée à quel point le mouvement est puissant. La journée de mardi va en montrer la force.

Les négociations que vous avez entamées jeudi 12 décembre avec la direction de la SNCF ont tourné court. Pourquoi ?

Nous avions convenu avec la direction de prendre part quotidiennement, pendant le mouvement, à des négociations sur la base de notre préavis de grève, qui ne se limite pas à la question des retraites.

Jeudi, on nous convoque sur ce préavis et on s’aperçoit que le gouvernement avait donné pour consigne de visser la discussion sur le seul sujet des retraites. La direction s’est mise d’elle-même en retrait d’une vraie négociation en se contentant d’assurer le service après vente de la réforme gouvernementale.


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