Gonfler des ballons virtuels, votre prochain entretien d'embauche

Sociétés

C'est une tendance émergente, que plusieurs grandes entreprises pratiquent ouvertement, à l'image de Siemens ou Walmart. D'après New Scientist, un nombre croissant d'entretiens d'embauche se termine par un test sur smartphone. Quel que soit l'emploi proposé, il est demandé aux candidates et aux candidats de montrer leurs compétences sur une série de petits jeux assez simples.

New Scientist cite l'exemple des jeunes édités par Arctic Shores, entreprise qui propose désormais une gamme de jeux pour smartphone conçus spécialement à destination des cabinets de recrutement. Parmi les activités proposées, il s'agit de gonfler des ballons virtuels sans les faire éclater, ou de retrouver parmi plusieurs logos celui qui est affiché en haut de l'écran, le tout à un rythme effréné.

D'après Robert Newry, qui représente Arctic Shores, il ne s'agit pas de texter la dextérité ou les réflexes des candidats et candidates. «Nous évaluons la façon de considérer un problème et de le résoudre», poursuit-il. Autrement dit, il s'agit plutôt d'évaluer l'aptitude de chacun et de chacune à s'adapter à des tâches inédites et à des situations imprévues.

Minorités

D'après les porte-parole de la branche britannique de Siemens, cette méthode aurait permis de doubler le nombre de femmes ayant réussi à franchir un certain nombre d'étapes de la sélection (la décision finale étant prise par la personne chargée du recrutement parmi un petit nombre de prétendants et de prétendantes). Dan certaines branches, l'agence Pymetrics constate quant à elle une augmentation importante (environ 20%) de l'attribution d'emplois à des personnes issues des minorités.

Au-delà de ces points positifs, la question de la fiabilité de telles méthodes fait actuellement débat. Chez Pymetrics et Arctic Shores, on se targue d'avoir pu vérifier l'efficacité de ce mode de recrutement sur un échantillon de plusieurs centaines de personnes. Mais Caryn Lerman, qui a étudié les applis de jeux de stratégie pour l'Université de Pennsylvanie, affirme au contraire que les performances des candidats et candidates sur smartphone ne sont absolument pas révélatrices de leurs capacités dans la réalité.

Enseignante en psychologie à l'Université du Texas, Margaret Beier va même plus loin et affirme que cette nouvelle méthode risque d'aliéner les personnes non retenues. Elle prévoit même des procès à l'encontre des entreprises utilisant ce genre de jeux pour effectuer leur sélection : «Si je postule pour un emploi, que l'on me fait jouer sur une appli pour smartphone, et que je n'ai finalement pas le job, je risque d'avoir beaucoup d'interrogations à propos de ce genre d'évaluation », dit-elle. En attendant, il n'est pas interdit de jouer à Candy Crush et Cut the Rope pour se préparer à son prochain entretien d'embauche.


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