«Game of Thrones», saison 8, épisode 5: «Les Cloches», récap et analyse

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Eh bé! Daenerys est passée de 0 à 100 très, très vite, non?

Daenerys a toujours eu des petites tendances exaltées et fanatiques. De la saison 1, où elle avait pris un peu trop de plaisir à voir tuer son connard de frère, jusqu'à la saison 7 et son exécution des Tarly. Elle a aussi toujours cru dur comme fer en sa destinée quasi messianique. Lors de sa première rencontre avec Jon dans la saison 7, elle lui explique ainsi que ce qui l'a maintenue en vie après tous les traumatismes qu'elle a subis était sa foi en elle-même: «Je suis née pour régner sur les Sept Royaumes et je régnerai.» Daenerys est l'élue de sa propre histoire, son destin est d'être au pouvoir et toutes les personnes qui ont douté d'elle en ont payé le prix fort.

Et puis son père était littéralement surnommé le Roi Fou et adorait regarder des gens brûler, donc niveau profil génétique, elle était pas aidée. Dans la série, plusieurs personnages lui rappellent les erreurs de ses aïeux pour l'appeler à la mesure et à la prudence. Elle-même a bien conscience de son lourd héritage et demande ainsi à Jon de «ne pas juger une fille à la lumière des péchés de son père».

Daenerys a aussi perdu, dans les sept derniers épisodes, ses deux amis les plus fidèles, deux de ses dragons, un amant qui est devenu son neveu-rival (lol), et des conseillers qui ont de moins en moins confiance en elle. Tous les ingrédients sont donc là pour expliquer sa plongée dans la folie. Et pourtant, sa transformation ne fonctionne pas. Pourquoi?

Déjà, parce que malgré ses tendances tyranniques, Daenerys a aussi toujours été présentée comme un personnage avec énormément d'empathie pour les faibles et les opprimés. On peut comprendre sa rage meurtrière envers Cersei, mais pas son carnage contre des milliers de victimes innocentes, alors même que les forces de Port-Réal venaient de capituler. Seule la folie peut expliquer ses actes, mais quand la série la fait passer de personnage rationnel avec un petit côté tyrannique, à folle furieuse génocidaire en un épisode, ça fait quand même un choc. Bien-sûr, on s'y attendait, mais ça aurait pu être mieux amené.

Le problème avec les deux dernières saisons, c'est que des développements qui auraient mérité des saisons entières de contextualisation pour tenir la route sont expédiés en quelques épisodes. L'histoire d'amour entre Daenerys et Jon, qui est cruciale dans l'intrigue puisqu'elle explique en partie le sentiment d'isolement de la première et l'allégeance aveugle du second, a été tellement bâclée qu'on y a jamais vraiment cru. Et c'est la même chose pour la transformation de Daenerys: il aurait fallu la voir sombrer peu à peu dans la folie au fil de nombreux épisodes pour que ses actes aient du sens. Mais les scénaristes étaient apparemment saoulés par la série après avoir bossé dessus pendant dix ans et ils ont décidé que deux saisons réduites seraient suffisantes pour clore toutes les intrigues. Sauf que transformer l'héroïne principale en antagoniste complètement frappadingue méritait un peu plus de temps et d'application pour que ce revirement ne soit pas ressenti comme une grosse trahison narrative.

Ouh là. Vous y allez un peu fort, non?

En fait, la transformation de Daenerys aurait pu être tragique et bouleversante. Sur le papier, c'est un très bon twist, complètement en adéquation avec la tendance qu'a Game of Thrones à renverser les codes de l'histoire. Mais à cause de cette négligence dans l'écriture, cela ressemble plus à un cliché sexiste sur les femmes et le pouvoir, qui a du mal à passer auprès de nombreux médias. Comme l'a noté la critique américaine Maureen Ryan, «le message central de Game of Thrones est apparemment devenu “les meufs sont tarées”».

Si Daenerys a toujours eu une poigne de fer, ce revirement soudain va beaucoup plus loin et semble la transformer en hystéro complètement parano qui a laissé le pouvoir lui monter à la tête, et qui perd la boule parce que son mec refuse de l'aimer. C'est en effet quand Jon ne lui rend pas son baiser qu'elle lui rétorque qu'elle choisit «la peur». (Tandis que Jon, évidemment, reste le mec droit et équilibré de l'histoire.) C'est un préjugé misogyne qui perdure encore dans nos sociétés: l'idée qu'une femme est trop instable émotionnellement pour gouverner. Vous ne nous croyez pas? Regardez le traitement médiatique sur Hillary Clinton ou Ségolène Royal....

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