Fin d’Autolib’ : des questions restent en suspens

Economie

Autolib’ s’arrête pour de bon mardi, et sur un constat d’échec, laissant en suspens la question de l’avenir de l’auto-partage de voitures électriques dans le Grand Paris.

Mardi 31 juillet à 23 h 59 au plus tard, les voitures grises d’Autolib’ cesseront de faire entendre le bruit discret de leur moteur. L’arrêt brusque du service d’auto-partage à Paris, décidé au mois de juin par le Syndicat Vélib’ Autolib’ Métropole (SVAM), en conflit avec le groupe Bolloré, laisse plusieurs questions en suspens, pour les salariés comme pour les usagers.

  • Plan de sauvetage de l’emploi

L’avenir des premiers dépend désormais d’un plan de sauvegarde de l’emploi, en négociation depuis la fin de juin entre la direction et les syndicats.

 

L’accord devrait être signé à la mi-août pour une entrée en application « au plus tôt » au 1er septembre, selon un délégué syndical d’Autolib’, qui souhaite conserver l’anonymat. Le projet, qu’il juge perfectible, contient notamment :

  • la mise en place de départs anticipés ;
  • des aides à la mobilité et la recherche de reclassement.

En attendant, le groupe Bolloré et le SVAM se renvoient la balle.

« Dans toutes les annonces de lancement de nouveaux services par la société Autolib’, je n’entends pas parler de reprise du personnel », a critiqué dimanche Marie Bolloré, directrice de la mobilité du groupe. « C’est le groupe Bolloré qui en a la responsabilité syndicale », rétorque à l’Agence France-Presse Catherine Baratti-Elbaz, maire PS du 12e et présidente du SVAM. Mme Baratti-Elbaz dénonce la « légèreté » de l’industriel qui a, selon elle, posé un faux « ultimatum » en exigeant le règlement de « 250 millions d’euros » pour éponger le lourd déficit.

  • Pétition en ligne

Quelque 42 000 utilisateurs ont signé une pétition en ligne, lancée par un certain R. Jackman, qui estime « aberrant » de supprimer, sans concertation citoyenne, « ce service qui devrait être reconnu d’utilité publique ». L’auteur nie tout lien avec Autolib’, mais la société a, selon lui, relayé la pétition à ses abonnés par e-mail et dans son application.

  • Voitures à la casse

Seules « 500 » véhicules sur les 4 000 en service seront affectés à d’autres villes, précise Marie Bolloré, les autres étant destinés à la casse.

Quant aux 3 244 places de stationnement Autolib’ à Paris, elles seront réservées aux Franciliens propriétaires d’un véhicule électrique ou se partageant l’utilisation d’un véhicule électrique, dès l’arrêt du système, selon la Mairie. Mais les bornes électriques de chargement ne fonctionneront pas, au moins dans un premier temps. La Ville espère les rendre utilisables par les particuliers au début de 2019.

  • Nouveaux services

Le vide laissé par les « Bluecar » de Bolloré aiguise aussi les appétits. Renault, par exemple, déploiera dès septembre un service de mobilité électrique, associant VTC (voitures avec chauffeur) et service d’auto-partage, présenté par le directeur général adjoint, Thierry Bolloré et Anne Hidalgo. Deux mille véhicules électriques doivent être déployés d’ici la fin de 2019. Le service fonctionnera sans abonnement.

PSA promet de lancer son propre service à Paris à la fin de l’année avec dans un premier temps 500 voitures électriques.

Le loueur Ada compte, de son côté, expérimenter dès cet été dans les 11e et 12arrondissements une offre d’un cinquantaine de véhicules électriques et thermiques.

La société de location entre particuliers Drivy a annoncé au début de juillet sa volonté de déployer « 500 véhicules électriques » dans la capitale d’ici à la fin de 2019.

Ce que représentait Autolib' pour Bolloré.

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