Face-à-face Trump-Biden: ça, c'est du bon débat!

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Donald Trump et Joe Biden lors du premier débat de la présidentielle américaine, à Cleveland dans l'Ohio, le 29 septembre 2020. | Jim Watson, Saul Loeb / AFP 

Modération subtilement efficace, président totalement barré: le premier débat de la présidentielle américaine entre Donald Trump et Joe Biden est loin d'être un échec.

Les critiques du premier débat entre Donald Trump et Joe Biden ne sont pas bonnes. Le présentateur d'ABC George Stephanopoulos a asséné que c'était le pire débat qu'il ait jamais vu de sa vie. D'aucuns questionnent ouvertement la pertinence de nous infliger d'autres exercices de ce type pendant cette campagne, compte tenu de la mauvaise qualité de celui-ci. «Le peuple américain a perdu. C'était épouvantable», a déploré le journaliste Jake Tapper sur CNN. «Nous sommes sur le câble, alors je peux le dire: c'était le bordel absolu», a surenchéri Dana Bash, correspondante politique pour CNN.

Un bordel absolu, ça ne fait pas l'ombre d'un doute. Le premier débat présidentiel des élections de 2020 fut à la fois épuisant et démoralisant. Pendant quatre-vingt-dix minutes, Trump n'a cessé d'interrompre et de rabaisser tour à tour Biden et le modérateur de la chaîne Fox News, Chris Wallace. Lorsqu'il ne leur coupait pas ostensiblement la parole, il faisait de son mieux pour verrouiller le vote des électeurs et des électrices maniaco-ignorantes.

Il a refusé de condamner la suprémacie blanche. Il a débité des théories complotistes sans fondement. Il s'est attribué le mérite de choses qu'il n'a pas faites et a menti sur ce qu'il a réellement fait. Il a littéralement encouragé ses partisan·es à se rendre dans les bureaux de vote pour surveiller la fraude électorale. Le président a révélé de façon probante qui il était vraiment à tout le pays –et si je comprends très bien qu'on puisse ne pas avoir envie de s'infliger deux autres débats, c'est justement pour ça que celui-ci était bon.

Du fact-checking à l'intérieur des questions

Pendant presque quatre ans, Donald Trump a réussi à esquiver les opinions contestataires et à laisser entrer très peu de la lumière extérieure dans son cloître d'abruti·es. Il a fréquenté les médias en dictant ses propres termes, dans le cadre d'événements où il faisait de l'obstruction si les questions étaient difficiles et obtenait des questions fastoches de la part de journalistes courtois·es. Il a cultivé les lèche-bottes crédules au sein de la rédaction divisée de Fox News et s'en est servi pour communiquer ses messages erronés et intéressés. Depuis qu'il est président, jamais encore il n'avait été remis en question sur la durée par un opposant hostile et un modérateur qualifié. Confronté à ces deux choses, il a craqué.

Chris Wallace, le modérateur, a déployé des efforts surhumains pour inciter Trump à rester concentré et à livrer des réponses honnêtes. Certes il n'a réussi à faire ni l'un ni l'autre, mais il n'a jamais lâché l'affaire et pour cela, il mérite applaudissements et sympathie. À un moment, on l'a senti à deux doigts de lever les bras au ciel et de crier sur Trump qui ne respectait pas les règles de base du débat:

Je crois qu'il serait plus respectueux pour le pays si les deux intervenants pouvaient parler en étant moins interrompus. Je vous prie, Monsieur, de bien vouloir vous y plier.
Et lui aussi.
Eh bien, honnêtement, vous lui coupez davantage la parole que lui.
D'accord. Mais il coupe beaucoup la parole.
Non, moins que vous.

Les supporters de Trump les plus atteints brandiront cet échange comme une preuve que Wallace était dans le camp de Biden. Tous les autres gens au rendez-vous devant leurs écrans ce soir-là s'en souviendront comme d'une preuve que Trump est vraiment un pauvre type.

J'avoue qu'avant le début du débat, je n'attendais pas grand-chose de la part de Wallace –dont j'admire et respecte le travail dans son ensemble. Mardi [29 septembre] après-midi, j'ai de nouveau regardé celui qu'il avait modéré en 2016 entre Donald Trump et Hillary Clinton. Il n'avait pas été très bon. Certes, il avait préparé des questions pertinentes à la fois pour Trump et pour Clinton, mais il avait été constamment détourné du sujet par un Trump ingérable occupé à passer tout le débat à les écrabouiller tous les deux, et il l'avait laissé faire....

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