Écoles et Covid: les compromis à faire pour éviter une troisième vague

Santé

Des collégiens portant le masque dans un établissement parisien, le 2 novembre 2020. | Thomas Samson / AFP

Le contexte épidémique français, ainsi que l'émergence d'une nouvelle souche britannique du SARS-CoV-2, doivent nous inciter à prendre des mesures fortes concernant les établissements scolaires.

Dans le JDD daté du 3 janvier 2021, le professeur Jérôme Salomon, directeur général de la santé, a fait part de ses craintes vis-à-vis de la rentrée scolaire. «Les enfants reviennent de différents endroits, en France ou à l'étranger, ça peut rebattre les cartes de la situation épidémiologique», explique-t-il, tout en évoquant la suspicion d'une plus grande contagiosité des variants anglais et sud-africain du SARS-CoV-2.

Le lendemain, dans les colonnes de France Info, le Pr Robert Cohen, pédiatre infectiologue à l'hôpital intercommunal de Créteil et président du Conseil national de la pédiatrie, affirme que ce début d'année, après les vacances scolaires, est le bon moment pour reprendre l'école et considère qu'il n'y a pas lieu de revoir les protocoles sanitaires mis en place dans les écoles.

Même son de cloche du coté de Jean Castex le 7 janvier face à plusieurs syndicats d'enseignants du premier et du second degrés ainsi que le soir même lors de sa conférence de presse: pas de fermeture des écoles alors que le variant anglais a d'ores et déjà gagné la France, ni de renforcement des mesures sanitaires. Une position entérinée le soir même par Olivier Véran sur BFMTV, considérant qu'il n'y a pas de raison de fermer les cantines scolaires.

Pourtant enseignants, parents et associations (comme École oubliée), ainsi que de nombreux médecins et scientifiques réclament des mesures fortes, une reconnaissance du rôle joué par les enfants dans la propagation du virus et dénoncent une politique attentiste du gouvernement.

Faut-il aujourd'hui s'alarmer du maintien d'un statu quo sanitaire dans les écoles? Doit-on, dès aujourd'hui, envisager une fermeture des écoles? Quelles solutions se présentent à nous afin d'assurer malgré tout une continuité pédagogique et une nécessaire socialisation des enfants et des adolescents?

Pour répondre à ces questions, il faut comprendre la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui en prenant en compte ce que ces dix derniers mois, ainsi que la situation en Angleterre et en Irlande, ont pu nous apprendre sur le SARS-CoV-2 et le Covid-19.

Le rôle des enfants négligé

Un certain nombre d'études parues à ce jour montre que le rôle des enfants a vraisemblablement été sous-estimé, sinon négligé. Testant de manière plus systématique les enfants ou mesurant leurs anticorps, elles tendent à mettre en évidence le fait que les enfants sont au moins aussi infectés que les adultes par le SARS-CoV-2. Les enfants présentent également une charge virale aussi importante que celle des adultes. Dès lors, il n'y pas de raison qu'ils soient moins contagieux et aucune donnée ne va dans ce sens.

Par analogie avec la grippe, où 50% des personnes atteintes ont moins de 18 ans et sont des vecteurs notables du virus, l'hypothèse que les enfants participent de la transmission du SARS-CoV-2 est plus que plausible. L'hypothèse que cette transmission soit favorisée par l'école s'en trouve renforcée, alors que les enfants passent chaque jour plusieurs heures dans des lieux clos, mal ventilés, bondés et en forte promiscuité, avec une application difficile des gestes barrières.

En revanche, on sait que dans leur immense majorité, les enfants développent des formes de Covid-19 moins graves que les adultes, avec peu de complications et peu d'hospitalisations ainsi que très peu de décès. C'est justement parce que les plus jeunes ont moins de formes sévères et n'ont été que peu hospitalisés, qu'ils ont été moins testés au début de l'épidémie alors que les tests PCR étaient rares et réalisés essentiellement en milieu hospitalier. Aujourd'hui encore, on teste relativement peu les enfants. En effet, le test naso-pharyngé n'est pas facile à réaliser chez de jeunes enfants ou alors il est réalisé imparfaitement et donne lieu à des faux négatifs. À ce titre, le renforcement des tests et la surveillance épidémiologique annoncés par Jean Castex le 7 janvier fourniront, s'ils sont mis en œuvre, des données intéressantes, à défaut, vraisemblablement, d'être utiles pour endiguer seuls l'épidémie....

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