Du Saint-Tropez de Bernard Arnault à celui de La Petite Plage sur le port

Vie Pratique

Le petit port de pêche a reçu cette année six millions de touristes de quatre-vingt-cinq nationalités différentes, un record dans la France des vacances.

En 2007, il y avait déjà des visiteuses et visiteurs de vingt-cinq nationalités, essentiellement anglo-saxons, des Américains du Nord, du Sud (Brésil), des Européens de Scandinavie, d’Allemagne, des Hollandais mais pas encore de touristes en provenance de Taïwan, du Kazakhstan ni de Chine.

Pour le maire Jean-Pierre Tuveri, très attaché à l’image culturelle de Saint-Tropez (quatre musées), l’attractivité du la cité du Bailli s’est étendue à des pays émergeants: en Asie, au Moyen-Orient et en Australie, ce qui était inespéré au début du XXIe siècle.

Que s’est-il passé?

Le bureau très actif de Saint-Tropez Tourisme et son directeur Claude Maniscalco mène tout au long de l’année des actions de promotion à l’international où l’on vise une population de cadres actifs désireux de s’offrir des séjours plus ou moins longs dans des lieux français à la mode, dont on parle dans les gazettes et sur le petit écran.

Le village de pêcheurs tropézien cher à Signac, à Colette, à Georges et Claude Pompidou a développé des atouts particulièrement attirants pour des vacancières et vacanciers new look. À la beauté préservée du site provençal en bord de mer (bateaux et yachts sur le port) s’est ajoutée une diversification hôtelière: une gamme de villas à louer et un choix de plages à Pampelonne (30.000 clients et clientes) où l’esprit festif se prête aux plaisirs des bains de mer pimentés par une sorte de gaieté d’être ensemble, de joie de profiter du soleil, prolongé par une vie nocturne trépidante et des joutes aux magnums de champagne jamais observées en France.

Tout cela a forgé le style vacancier de la presqu’île unique en France. De l’excès, du fric et des gens de tous horizons, des visiteurs ébahis aux milliardaires du Moyen-Orient qui s’offrent des flacons pétillants à 50.000 euros la bouteille!

Il est loin le temps où la Ponche de Simone Duckstein était le seul petit hôtel de la cité varoise découverte par Brigitte Bardot et Roger Vadim dont le film Et Dieu créa la femme (1956) a propulsé le village varois dans l’imaginaire des populations vacancières. Le slogan «Sea, sex and sun» est issu de ce film mythique (énorme succès aux États-Unis) qui a tant contribué à l’image médiatique de Saint-Tropez et de Sénéquier, l’ancienne pâtisserie familiale devenue un café restaurant aux fauteuils rouges où Jacques Chirac en villégiature chez les Pinault prenait plaisir à s’asseoir et à saluer les badauds réjouis.

Jacques Chirac attablé chez Sénéquier, le 14 août 2011 | Sébastien Nogier / AFP

Ces séquences «people» ont façonné la saga légendaire de Saint-Tropez –4.000 habitants et habitantes hors saison et des pics en juillet et en août. Au Club 55 de Patrice de Colmont, la dernière commande du déjeuner est à 17 heures.

Côté plages sur la dune de Pampelonne, on est là en plein chambardement puisque le maire Roland Bruno entend changer la donne et attribuer les trente concessions sur la mer à de nouveaux locataires dont cinq grands hôtels de Saint-Tropez: le Byblos, l’Hermitage, le Grand Hôtel de Saint-Tropez, la Réserve de Ramatuelle et le Château de la Messardière. C’est un énorme business touristique, des milliers de clients et clientes par an dans ces restaurants, boutiques et dancings, soixante-quatre millions de chiffre d’affaires en 2016. Ces décisions municipales vont intervenir après l’été, au grand dam des exclus.

L’extension du port est au programme des aménagements (mais pas les parkings bondés) car les yachts de plus en plus longs (jusqu’à quatre-vingts mètres) restent le spectacle majeur du quai piétonnier où les restaurants et gargotes (pizza à vingt-cinq euros) pullulent dont certains très luxueux comme l’Opéra et sa splendide terrasse, voisinant avec une kyrielle de boutiques de mode....

Lire la suite sur Slate.fr - Du Saint-Tropez de Bernard Arnault à celui de La Petite Plage sur le port

Articles en Relation

Rendez-nous nos restaurants, nos bistrots et nos brasseries! Au Dôme Montparnasse, la sole meunière. | Gourmets & Co  Le bistrot français n'est pas la panacée, mais la privation de sorties gourmandes à...
Vive effervescence dans la bonne restauration parisienne À La Fontaine Gaillon, le foie gras poêlé parfumé à la myrrhe | © Maxime Ledieu  De chouettes adresses à garder sous le coude. Marc Veyrat, pro...
Les caviars d'élevage ont supplanté les caviars sauvages interdits, la qualité s... Chez Petrossian, le service du caviar | © Anne-Claire Héraud  Le caviar reste un sublime aliment, le plus mythique de tous. C'est une réalité h...
Qu'est-ce qu'un restaurant médiocre? Au restaurant Dessirier, le vol-au-vent au homard, coquillages et crustacés | ©restaurantDessirier  On a (malheureusement) trouvé un exemple. V...
La seconde vie de l'auberge étoilée de Paul Bocuse Paul Bocuse. | Stéphane de Bourgies  Dépoussiérer, repenser la carte, imposer des plats nouveaux, c'est ainsi que le restaurant mondialement cél...
15 adresses parisiennes pour fêter la réouverture des restaurants Chez Guy Savoy à la Monnaie de Paris, le homard-carottes, jus de homard et sarrasin torréfié. | Laurence Mouton  Le moment tant attendu par les ...

VIATOR ACTIVITES

BONNES AFFAIRES