«Diabolique» de L'Épée raconte les sixties qui n'ont jamais existé

Musique

La réunion d'Emmanuelle Seigner, Anton Newcombe et The Limiñanas sonne comme un kiff rock à la fois savant et nonchalant. Pas de nostalgie dans ce premier album, juste de la cohésion.

Il paraît que Gossip Girl a marqué son époque. Très bien. Ça ne nous rendra pas fans pour autant. Cependant, il faut reconnaître une chose à la série, et la remercier pour cela: sans elle, pas d'album de L'Épée.

Si le nouveau groupe composé de Marie et Lionel de The Limiñanas, de l'actrice Emmanuelle Seigner et du leader des Brian Jonestown Massacre Anton Newcombe a vu le jour, c'est grâce au programme pour ados.

«J'ai une fille qui aime beaucoup Gossip Girl, raconte l'actrice française, un brin amusée. À un moment donné, quand le personnage de Serena fait une overdose, la chanson Down Underground de The Limiñanas retentit. Ça m'a tout de suite accroché.» Mais assez parlé potins.

«Pas de la vieille musique»

À la base, il devait s'agir du nouvel album d'Emmanuelle Seigner, sur lequel The Limiñanas devaient travailler, avant de refiler le bébé à Anton Newcombe, basé à Berlin, pour le mixage. «Il s'est tellement investi dans le disque que quand il a proposé d'en faire l'album d'un groupe, tout le monde a pensé que c'était une super idée», raconte Lionel.

L'Épée est créée, et avec lui ce son sixties massif, survolé par la voix un peu offbeat de l'actrice, qui a décidément un certain talent pour faire sonner la langue française de manière langoureuse et nonchalante, et la langue anglaise avec un accent assumé, presque exagéré. On retrouve la lourdeur de The Limiñanas, les distorsions barrées de Newcombe, aussi.

«Je ne voulais pas d'un album lisse, ajoute Emmanuelle Seigner. Bon, avec eux, il y avait peu de risques que ça arrive. Il fallait quelque chose de rugueux, d'assez dark, mais en même temps de festif. Il y a tout ça dans cet album.» Elle a raison.

L'interview a lieu dans un vieux studio du XVIIIe arrondissement parisien, le CBE, au milieu des orgues Hammond, des Wurlitzer, de vieux micros qui coûtent deux bras et de photos des plus grands chanteurs français y ayant enregistré. Un lieu rétro bien choisi par la maison de disques, collant à l'univers de l'Épée. Mais attention: «On ne fait pas de la vieille musique, assène Emmanuelle Seigner. On s'inspire d'une époque, mais on ne la reproduit pas.»

De son côté, Anton Newcombe, ancien enfant terrible du rock alternatif américain, depuis assagi, écoute calmement ces histoires de Gossip Girl et de vieux matos d'enregistrement.

Avec lui, il faut parler de musique, et pourquoi pas de musique française: «J'aime tout ce qui est bon. Un jour, j'ai vu quelqu'un poster sur Twitter une chanson de Johnny Hallyday qui reprenait du Ray Charles. Le guitariste était tellement cool... Ça date du début des sixties. Les Américains qui disent que les Français sont passés à côté du rock'n'roll n'ont jamais vu cette vidéo. Quand il arrive au solo et que Johnny hurle… Whoah! Pour moi, le moment où la musique française rock est devenue intéressante, c'est quand Antoine a commencé à parler de liberté dans ses textes, de toute cette ambiance. Ils avaient trouvé leur spécificité. Tout ce qui est venu après était une synthèse des univers blanc et noir, et la France a eu son mot à dire là-dedans, avec son identité musicale, bien sûr.»

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