«Dette de sexe»: pourquoi les femmes se sentent parfois obligées d'accepter des rapports non désirés

Sociétés

Un couple s'embrassant à Paris, en mai 2020. | Ludovic Marin / AFP 

Une recherche récente montre que de nombreuses jeunes femmes consentent à un échange sexuel non par envie mais par sentiment de redevabilité.

Un homme qui paye un verre ou un repas à une femme, ou lui offre l'hébergement à la suite d'une sortie en discothèque, a-t-il forcément des attentes sexuelles? C'est en tout cas ce que pensent les jeunes femmes rencontrées dans le cadre d'une recherche menée en Suisse sur les transactions sexuelles, c'est-à-dire des expériences d'ordre sexuel associées à un échange financier, matériel et/ou symbolique.

Face à de telles attentions, elles sont plusieurs à avoir parfois consenti à s'engager dans des expériences sexuelles (baisers, caresses, sexe oral, relation sexuelle) avec des hommes sans forcément en avoir envie, mais par sentiment de redevabilité. Ce sentiment de redevabilité a également été exprimé par quelques jeunes hommes dans le cadre de relations homosexuelles.

Dans cet article nous faisons cependant le choix de nous concentrer sur les relations hétérosexuelles, où cette logique est ressortie de façon plus marquée.

Le sexe, une question de (fausses) représentations?

La sexualité, comme d'autres pratiques sociales, peut être comprise comme un espace où les rapports de sexe se matérialisent. Si les jeunes femmes interrogées se sentent davantage redevables de sexe que les jeunes hommes, c'est qu'elles et ils sont soumis à des attentes de comportements liés à un système de représentations binaires de la sexualité appelé l'hétéronormativité.

Dans ce système, le sexe correspond au genre et l'hétérosexualité est la norme.

Dans cette logique, les rôles sexuels des hommes et des femmes sont compris comme étant différents et complémentaires: la sexualité masculine est caractérisée par l'assertivité, la performance sexuelle, la virilité et le désir sexuel associé aux besoins physiologiques. La sexualité féminine, d'ordre relationnel, est liée à l'affectivité et à la conjugalité.

Plusieurs études montrent que ces représentations sont profondément encore aujourd'hui majoritaires dans nos sociétés.

Selon une enquête française, 73% des femmes et 59% des hommes français adhèrent à la croyance selon laquelle «par nature, les hommes ont plus de besoins sexuels que les femmes». Toujours selon cette enquête, cette croyance a des incidences sur les pratiques sexuelles des femmes qui reconnaissent accepter davantage d'avoir des rapports sexuels sans en avoir envie.

Une recherche menée en Suisse auprès de jeunes âgé·es de 26 ans en moyenne révèle que 53% des femmes interrogées ont accepté des relations sexuelles sans désir...

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