Destination Antibes, la ville des délices de l'été

Vie Pratique

Nos quatre adresses pour bien manger et se reposer dans un cadre de toute beauté.

La cité gréco-romaine a cinq mille ans d’existence. Cernée par des remparts, cette perle de la Côte d’Azur levée autour de la vieille ville détient un patrimoine architectural –le Port Carré, le Musée Picasso– bien préservé, tout comme le littoral peu bétonné où seules des villas anciennes et l’Hôtel du Cap-Eden-Roc témoignent d’un passé brillant dont les Antibois sont fiers –100.000 habitants et de nombreuses plages publiques entretenues. Voici quatre adresses de qualité à tous les prix.

1.Le Figuier de Saint-Esprit

Poitevin comme Joël Robuchon, Christian Morisset (photo) est de loin le meilleur chef patron d’Antibes depuis 2007 quand il a racheté, avec son épouse en salle, cette ancienne pizzeria des remparts où trône un très beau figuier aux branches enroulées dans le patio, fruits en saison. C’est là que ce grand professionnel des casseroles mitonne une carte courte dont l’agneau des Alpilles en plusieurs préparations reste la spécialité à ne pas manquer, truffes mélano en garniture, au premier menu.

Sexagénaire aux fourneaux pour les deux repas, jamais absent, ce chef au savoir-faire immense a près d’un demi-siècle d’expérience dans différents établissements de la Côte d’Azur: le Mas d’Artigny à Saint-Paul de Vence, le Negresco à Nice avec Jacques Maximin, la Réserve à Beaulieu, la Chèvre d’Or à Eze Village avec le premier chef étoilé Elie Mazot du temps de Bruno Ingold, la Bonne Auberge à Antibes aux côtés de Jo Rostang, trois étoiles, le Moulin de Mougins avec le génial Roger Vergé et le Juana à Juan-les-Pins dans l’ombre d’Alain Ducasse auquel il succèdera en 1987, deux étoiles archi-méritées.

«L'alchimie des sens en émoi»

Quel palmarès! Que des chefs de valeur au piano, certains parmi les stars de la Riviera ont façonné la gestuelle, la mémoire, le talent inventif de ce grand gaillard aux moustaches en arrondi qui vit pour le plaisir de ses fidèles et pour «l’alchimie des sens en émoi», car Morisset est un humaniste du goût, un perfectionniste des préparations, toutes modernes et classiques à la fois.

En juillet-août, il attire la belle clientèle de Cannes, de Nice, de Juan-les-Pins et à Antibes où pullulent les adresses de bouche plus ou moins recommandables. Le poitevin est le roi du secteur assisté du chef Christophe Griss et de ses deux fils Jordan et Mathias –une famille ô combien attachante.

Parmi les plats de l’été, il faut s’orienter vers le beau duo de crevettes Obsiblue de Nouvelle Calédonie en tartare, anis et fenouil, ou bien cuites à la vapeur, tomate et pistou de riquette (44 euros), la grosse langoustine mi-cuite en carpaccio, crème légère au caviar, une merveille iodée (78 euros), le turbot rôti en croûte de pommes de terre aux truffes mélano, jus de viande truffé, un chef-d’œuvre digne d’un trois étoiles (78 euros), le Saint-Pierre cuit au teppanyaki, nouilles de riz aux mangues et citron caviar, une étonnante variation franco-japonaise d’une vraie modernité (45 euros) et les cannellonis de supions et palourdes à l’encre de seiche jus au basilic, une composition magistrale, très méditerranéenne (45 euros), à commander avant la selle d’agneau cuite dans l’argile, gnocchis aux truffes et légumes (65 euros), suivie de l’exquise crème brûlée à la lavande, un ravissement gustatif et olfactif à damner un saint.

Christian Morisset conduit le destin de ce Figuier historique depuis dix ans –et il n’a qu’une seule étoile. On se demande pourquoi le Michelin ne lui redonne pas la deuxième obtenue, seul, au Juana de Juan-les-Pins. Pourquoi cette injustice? La carte est courte, une douzaine de plats, jamais plus de 40 couverts par service, et des prix aux menus très raisonnables. Desserts originaux à 20 euros pour le croustillant de fraises ou le parfait glacé au citron.

Cette recherche de l’excellence, ce sens des goûts, la finesse des compositions, l’art des accompagnements ne seraient pas compris par les inspecteurs du guide, dommage. La cité antiboise aux nombreux gourmets a besoin d’une table de prestige, c’est le devoir du guide rouge de mettre en valeur de valeureux cuisiniers comme Christian Morisset qui fut l’égal d’Alain Ducasse à Juan-les-Pins. Le Michelin ne remplit pas sa mission historique en négligeant le travail quasi parfait du maître des casseroles, plébiscité par les meilleurs gourmets. Alors, la deuxième en 2018? On l’espère.

• 14, rue Saint-Esprit 06600 Antibes. Tél.: 04 93 34 50 12. Menus au déjeuner à 39 euros, 83 et 123 euros. En basse saison, menu à 83 euros pour deux, une aubaine. Fermé mardi et mercredi.

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