Des murets contre les « barbares » : les entreprises françaises face aux assauts chinois et américains

Economie

Alors que l’Etat français vient de s’opposer à la prise de contrôle de l’aéroport de Toulouse par le groupe Casil, l’éditorialiste du « Monde » Philippe Escande prévient que la réponse passera inévitablement par l’Europe.

Chronique. Selon la légende, c’est le premier empereur de Chine, Qin, qui édifia la première grande muraille au nord du fleuve Jaune, pour contenir les assauts des barbares du Nord. Durant plus de deux mille ans, chaque monarque de l’empire du Milieu a apporté sa pierre au plus grand édifice humain jamais construit. Cette obsession n’a pas empêché le pays d’être envahi à plusieurs reprises par les Mongols et les Mandchous.

A présent, les Chinois n’ont plus peur du Nord et foncent vers l’Ouest en ouvrant les nouvelles routes de la soie. Aux Européens de monter des remparts à la hâte. L’arme d’aujourd’hui est la finance. La protection sera donc légale. En refusant, lundi 26 février, de céder le contrôle de l’aéroport de Toulouse au groupe chinois Casil, l’Etat français a édifié en vitesse un petit muret, devant la colère des élus locaux. L’inquiétude monte quant aux ambitions en Europe des Chinois, dont les coups d’éclat se multiplient. Vendredi 23 février, on apprenait que constructeur chinois Geely, déjà propriétaire de Volvo, avait acquis près de 10 % du capital de Daimler, le plus prestigieux constructeur automobile allemand. En France, le gouvernement a décidé de renforcer son arsenal en étoffant notamment la liste des secteurs stratégiques pour lesquels son aval est obligatoire.


Razzia sur l’Europe
 

Les élus de Toulouse craignent que Casil, propriété du conglomérat public de la région du Shandong (nord-est de la Chine), ne siphonne la trésorerie de la société pour s’assurer des dividendes. Mais c’est aussi un test de la capacité de la France à résoudre un casse-tête pas uniquement chinois : comment financer ses entreprises sans perdre sa souveraineté. L’épargne longue française existe (l’assurance-vie…), mais elle irrigue insuffisamment le tissu entrepreneurial. Alors, quand l’argent manque au développement, les entreprises vont le chercher ailleurs. Et notamment en ce moment, en Chine ou au Etats-Unis. Car les barbares...


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