Des milliers de femmes s'insurgent contre Nicky Cosmetics et ses influenceuses de télé-réalité

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Le site 60 millions de consommateurs avait déjà épinglé Nicky Cosmetics, en janvier dernier. | Capture d'écran Instagram 60millionsdeconsommateurs

Sur les réseaux sociaux, elles sont nombreuses à se plaignent de pertes de cheveux, douleurs et démangeaisons après plusieurs utilisations d'un shampoing de la marque.

En larmes, sur son compte Instagram, une jeune coiffeuse de l'Hérault dénonce. Elle dit recevoir des dizaines de commentaires négatifs sur la page Facebook de son salon de coiffure. Marion est sous le choc. «Ce sont des gens qui ne sont jamais venus, ils disent que c'est sale, que des salariés font n'importe quoi! Ce sont des comptes d'hommes, alors que je suis seule à y travailler et en plus je ne coiffe pas les hommes, c'est incohérent.» Elle déclare recevoir des avis négatifs toutes les dix minutes, un véritable harcèlement sur les réseaux sociaux. Mais pourquoi cette jeune coiffeuse qui a ouvert son salon il y a trois ans subit un tel acharnement?

D'après elle, cela vient d'un article qu'elle a publié sur son site, Le-salon-vagabond. Elle y met en cause la marque Nicky Cosmetics. Marion affirme que son shampoing est dangereux. Elle cite pour preuves 60 millions de consommateurs, des retours d'expériences de ses clientes et des échanges avec d'autres salons de coiffure. C'est d'ailleurs une autre professionnelle, Amélie, qui avait mis le feu aux poudres. Après avoir posté des clichés de cheveux de client·es et dénoncé Nicky Cosmetics sur Facebook, la publication avait fait un buzz et Amélie avait reçu une mise en demeure. Marion a donc décidé d'écrire un article car elle voulait «alerter les consommateurs et les clientes. J'ai des responsabilités, quand je fais des couleurs, les cheveux peuvent casser à cause de la marque. Moi, je ne veux pas avoir de problème». La jeune femme se dit maintenant harcelée d'appels. Une capture d'écran de son téléphone le prouve, dès 5h20 du matin, son téléphone a sonné toutes les 2 à 5 minutes, toute la journée. Elle nous assure avoir porté plainte.

Derrière la marque, une agence de marketing digital controversée

Nicky Cosmetics rayonne sur les réseaux sociaux. Elle se vante aujourd'hui d'avoir plus 280 milles abonné·es. Créée par l'agence de marketing digital We Events, elle a envahi les comptes de très jeunes internautes à coup de story quotidiennes de stars de la TV réalité aux millions d'abonnés. On y voit par exemple Jazz Correia, les «Marseillais» Maeva Ghennam et Julien Tanti ou encore la célèbre Nabila Benattia promouvoir les différents cosmétiques. Rachetée par AW Web, filiale du groupe AWPG, détenue par l'animateur télé Arthur, la société We Events a déjà fait parler d'elle par l'un de ses fondateurs, Wesley Nakache. D'anciennes publications racistes du jeune homme avait créé la polémique le 20 juin dernier poussant la société à le retirer de ses fonctions.

Sur un groupe Facebook, on dénombre plus de 3.000 utilisatrices en colère. Nous avons contacté plusieurs dizaines de jeunes femmes qui protestent contre Nicky Cosmetics. Leurs témoignages sont quasiment tous identiques et loin des promesses déclarées par les influenceur et influenceuses de télé-réalité. À l'origine de ce groupe, une jeune femme qui dit l'avoir créé pour «pour dénoncer le service après vente car beaucoup de personnes recevaient les colis dans un état défectueux, les délais de livraisons étaient interminables sans aucunes réponses aux clientes. Puis les avis ont commencé à prendre de l'ampleur».

| Capture d'écran Facebook

Laura, 31 ans, du Tarn dit avoir utilisé ces produits pendant environ un an. Puis un jour, elle subit une perte de cheveux. «Ils se craquaient en racine, j'ai perdu ma masse, ils ne bouclaient plus, ils sont devenus ternes, poisseux, j'avais des démangeaisons…» Jusque-là, la jeune femme ne s'alarme pas, puis viennent «des grosses douleurs au crâne, comme des brûlures et au-dessus des tempes, des trous. J'ai commencé à regarder les témoignages et bingo, je n'étais pas seule». Depuis l'arrêt du produit, les douleurs ont cessé et ses cheveux «ont repoussé et reprennent vie. À présent, je ne mets plus rien de chimique sur mon crâne. J'avoue que j'ai un traumatisme de ce côté-là... Avoir les tempes dégarnies à 31 ans quand on est une femme, en plus des douleurs, ça marque un peu». Son témoignage s'ajoute à celui d'Isabelle, 28 ans, du Var, qui perdait «énormément de cheveux par poignée. J'avais mal. Mes cheveux sont actuellement horribles, secs, incoiffables»....

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