Derrière Thomas Pesquet, le travail de l'ombre des petites mains de la mission Alpha

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Le Cadmos, en 2016, élaborait déjà des projets en compagnie de Thomas Pesquet, qui se rend sur l'ISS à compter du 23 avril 2021. | Rémy Gabalda / AFP

Les douze expériences françaises que l'astronaute réalisera sur l'ISS sont le fruit de deux ans d'un travail effectué par des dizaines de personnes, et d'une synergie sans faille entre différents corps de métier. Malgré le Covid et ses contraintes.

Ce 23 avril, c'est le grand jour. Thomas Pesquet va décoller du tarmac de Cap Canaveral en Floride aux États-Unis, à 5h49, heure locale. Installé avec trois autres astronautes dans la capsule Crew-2 de SpaceX, il part pour la Station spatiale internationale (ISS). La mission Alpha est lancée. Sur terre, plus d'un an après leur dernière réunion physique, les ingénieurs du Centre d'aide au développement des activités en micropesanteur et des opérations spatiales (Cadmos) sont parvenus à maintenir le cap de la mission, en contribuant activement à la préparation des expériences qui seront réalisées en orbite.

Pour suivre en direct l'envol des astronautes, les responsables d'expérience se sont réunis à la Cité de l'espace de Toulouse. Pour eux, voir par écrans interposés cette capsule quitter le sol terrestre est un aboutissement. «C'est un travail très prenant et c'est une vraie fierté d'y avoir contribué», se réjouit Florence Clément, l'une d'entre elles. Sa voix empreinte d'émotion ne masque pas une certaine allégresse. Et pour cause: pour les petites mains de l'espace, au cœur des préparatifs de la mission, le chemin parcouru durant près de deux ans n'a pas été de tout repos.

Retour en arrière. Le 23 janvier 2019, le gratin de la recherche française s'est rassemblé pour une grande occasion. Le genre d'événement annuel où l'on retrouve de vieux amis pour trinquer joyeusement aux succès de l'année à venir. Les costards et tailleurs sont de sortie, et les regards tournés vers l'estrade. Nous sommes au Muséum national d'histoire naturelle, à Paris. À quelques mètres des imposantes figures figées des animaux composant, telle une arche de Noé factice, la célèbre galerie de l'évolution, ce beau monde est venu écouter la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal, présenter ses vœux.

À la moitié de son discours, l'ancienne présidente de l'université Sophia Antipolis à Nice lâche, sourire aux lèvres mais l'air de rien, une grande nouvelle. «Je pense cette année au Prix Nobel Gérard Mourou ou à l'astronaute Thomas Pesquet, déclare-t-elle. Et ce soir, je suis très heureuse de vous annoncer que le directeur général de l'Agence spatiale européenne a proposé à Thomas Pesquet de retourner très bientôt dans l'espace, pour un vol dont la date devrait bientôt être fixée avec nos partenaires internationaux.»

Ces phrases, perdues parmi les multiples annonces de la ministre, sont, au-delà des mots, un point de départ. Le processus qui va mener au décollage de ce qui n'est pas encore la mission Alpha est officiellement sur les rails, et les différents acteurs qui vont y prendre part sont dans les starting-blocks. Car le retour en orbite de Thomas Pesquet constitue une nouvelle opportunité, pour le Centre national d'études spatiales (Cnes) de faire la promotion de l'innovation hexagonale. Il a près de deux ans et demi pour y parvenir.

L'opportunité d'une «contribution nationale»

Au Cadmos, l'annonce de Frédérique Vidal est loin d'être une surprise. Alain Maillet, l'un des ingénieurs du centre, le confie: «C'était envisagé, mais on n'en avait pas la confirmation.» Il faut dire que Rémi Canton, responsable du lieu, est le meilleur ami de Thomas Pesquet, qu'il a longtemps côtoyé les années précédentes, et accompagné lors de la préparation de la mission Proxima, en 2016.

À ses yeux, les retombées positives du vol d'un astronaute français sont limpides: l'Agence spatiale européenne (ESA), qui a la tutelle de la mission Alpha, va mettre davantage de moyens pour développer les futures expériences réalisées sur l'ISS. En France, on veut d'autant plus marquer le coup que Thomas Pesquet sera le premier commandant français de la station.

«Lors d'une mission européenne comme celle-ci, nous avons le droit à une contribution nationale, explique Rémi Canton, qui a été désigné comme chef de projet sur cette dernière. Comme pour Proxima, nous voulons nous servir de cet élan, de l'engouement autour de la mission, afin de préparer un programme d'expériences cohérent.» Un programme qui doit prendre la forme de démonstrateurs technologiques, des expériences franco-françaises créées ad hoc pour Thomas Pesquet lorsqu'il sera sur l'ISS –lors de Proxima, il y en avait eu sept.

Au Cnes, à Paris, et au Cadmos toulousain, c'est le branle-bas de combat. Un appel à idées est lancé en interne et auprès de la communauté scientifique, sous l'égide de l'ESA et de ses fonds propres, avec l'objectif de faire émerger des «tech-demo» qui puissent permettre de nourrir les prochains voyages vers la Lune, et, à long terme, vers Mars. Avec un calendrier serré: au début de l'année 2020, un panel d'experts de l'ESA étudiera les projets sélectionnés. Il choisira de valider, ou non, leur principe, et de lancer leur développement....

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