De la tête au ventre, itinéraire des émotions qui finissent dans l'assiette

Santé

Grignoter des barres chocolatées à toute heure ne répond pas à un besoin physiologique. | Andriyko Podilnyk via Unsplash

Sucre, gras, chocolat: la nourriture comble des besoins physiologiques, mais aussi affectifs.

«Ma formule magique quand je suis dans le mal, c'est des merdes de type Kinder, du soda et des clopes. C'est pas bon pour le corps mais le moral va mieux.» En cas de coup de blues, Marine, 31 ans, sait que le sucre a le pouvoir de soigner ses maux. «On a tous des pressions de fou: ne pas manger ça, pas boire, pas fumer, pas ci, pas ça... Alors quand j'ai besoin de relâcher la pression, je me dirige vers mes petits plaisirs coupables.»

Ce réflexe de vider placards et frigo pour absorber ses émotions a un nom: l'alimentation émotionnelle. À l'inverse, un événement intense peut aussi couper toute envie de manger. C'est ce qui est arrivé à Camille après une rupture. Il y a deux ans, son copain lui téléphone sur le retour du boulot. Quand elle raccroche, la jeune journaliste est célibataire et le nœud qui commence déjà à se former dans son ventre mettra du temps à s'en aller.

«Mes pensées étaient constamment prises, je n'arrêtais pas de ressasser ce qui s'était passé et j'ai complètement oublié de manger, se souvient-elle. J'avais l'estomac noué, c'est tout juste si je buvais du café.» Au bout de deux jours, son corps ne tient plus le rythme, sa vision se brouille et elle est forcée de s'allonger au beau milieu de l'open space du média où elle travaille.

À la croisée de facteurs multiples

Se ruer sur le frigo, grignoter des barres chocolatées à toute heure ou arrêter de manger après un événement difficile... Les émotions ont indéniablement une influence sur l'appétit. L'envie de manger dépend évidemment du niveau de faim, mais aussi d'autres facteurs non physiologiques dont font partie l'affect, les représentations de santé, l'éducation alimentaire ou encore le rapport à la cuisine.

Ce que l'on se met sous la dent peut donc refléter un certain état d'esprit et varier selon la nature des émotions et leur intensité: «Certaines personnes anxieuses vont grignoter sur l'ensemble de la journée quand d'autres vont attendre le soir; les gens en colère peuvent ressentir le besoin de mâcher et choisir un aliment assez consistant», détaille Brigitte Ballandras, psychologue spécialiste des conduites alimentaires. À l'inverse, des événements avec une forte intensité émotionnelle peuvent faire tendre vers la restriction alimentaire.

Des comportements variés

L'alimentation émotionnelle est devenue le terrain d'études de chercheurs et de chercheuses curieuses d'en savoir plus sur le lien qui unit le ventre à l'affect. Jordan LeBel, professeur de marketing à l'Université Concordia à Montréal, s'est intéressé de près à la notion de comfort food (nourriture réconfortante) et aux mécanismes déclencheurs de ce type d'alimentation. Selon son étude «Affect asymmetry and comfort food consumption» codirigée avec Laurette Dubé, ces différences comportementales se regroupent derrière trois facteurs: le sexe, l'âge et l'héritage culturel.

«Les femmes expliquent manger quand elles se sentent tristes, seules ou fâchées. Chez l'homme, on voit que ce sont plutôt des émotions positives qui déclenchent ces prises alimentaires», pose l'enseignant-chercheur. Entre les jeunes et les moins jeunes, Jordan LeBel a fait le même constat. Comme les hommes, les participant·es les plus âgé·es de l'étude trouvent dans la comfort food de quoi répondre à un affect positif....

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