De la difficulté d'analyser la popularité de Macron dans les sondages

Politique

Emmanuel Macron à l'Élysée, le 11 février 2020. | Gonzalo Fuentes / Pool / AFP 

Le président de la République entame 2020 avec des enquêtes d'opinion contrastées. Ses soutiens à droite s'effritent, mais son socle reste solide et les Français·es ne voient pas d'alternative.

Les instituts qui sondent l'opinion publique sont –presque– tous d'accord en ce début d'année 2020: les différentes cotes qui concernent Emmanuel Macron sont en recul.

Elabe, dont l'étude sur la confiance à l'égard du président de la République réalisée à la fin de la première quinzaine de janvier faisait exception, s'est rallié début février, dans un nouveau sondage, aux autres organismes spécialisés (IFOP, BVA et Odoxa). Seul Harris Interactive résiste encore.

Que ce soit la confiance qu'il inspire, sa popularité, l'approbation de sa politique, la bonne opinion que l'on a de lui ou le fait de savoir s'il est un «bon président», Macron coche négativement toutes les cases chez quasiment tout le monde.

Et pourtant, l'observation des indicateurs qui permettent de mesurer régulièrement la tension de l'exécutif incite à la prudence quant aux conclusions à en tirer.

Pente régulière ou dents de scie

Avec une certaine gourmandise, Paris Match notait récemment que le chef de l'État et son Premier ministre étaient sur «une pente descendante». L'hebdomadaire soulignait qu'avec 34% d'approbation de sa politique, Macron atteignait en février «son plus mauvais score depuis juin 2019».

L'article s'appuyait sur la dernière livraison du tableau de bord politique de l'IFOP (1.000 personnes sondées les 29 et 30 janvier), qui mettait en évidence un recul d'approbation de un point en un mois pour le président et de quatre points depuis juillet 2019. Notons au passage que Macron avait gagné six points entre juin et juillet 2019.

Il est incontestable au vu de cette courbe que le trend du président est descendant sur les sept derniers mois, mais il est tout aussi incontestable que le score de février 2020 (34%) est au-dessus (ou égal en février 2019) de tous ceux mesurés depuis septembre 2018 (31%), mois qui avait enregistré une chute brutale de dix points en un mois. Cette dernière observation relativise, sans la nier, la lente baisse qui affecte Macron depuis le second semestre 2019.

Sociologiquement, les reculs les plus nets se situent chez les retraité·es et les cadres supérieur·es, qui sont plutôt des viviers pour l'électorat macroniste.

Politiquement, c'est chez les sympathisant·es et du parti Les Républicains (LR) ainsi que chez les électeurs et électrices de François Fillon que la désaffection est la plus notable. En clair, l'électorat de droite, qui reste partagé presque équitablement entre son soutien et son rejet macroniste, est très largement à l'origine des données négatives enregistrées par l'IFOP.

Le recul global de un point en un mois du chef de l'État se retrouve dans le dernier sondage Elabe (1.005 personnes interrogées les 4 et 5 février) consacré à la confiance que lui accorde l'opinion: Emmanuel Macron passe de 32% à 31%.

Mais contrairement à l'IFOP, cet institut dévoile une courbe en dents de scie au cours du second semestre 2019 (maximum à 33%, minimum à 28%) et non pas une pente régulière –notons qu'elle mesure la confiance et non l'approbation de la politique présidentielle.

Si la confiance à l'égard du président augmente dans son propre électorat, elle diminue en revanche vivement (moins sept points) dans celui de Fillon –comme l'observe également l'IFOP– et moins fortement dans ceux de Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon ou Marine Le Pen.

Elabe fait le même constat que l'IFOP sur le recul chez les retraité·es et les cadres, en ajoutant une légère progression dans les catégories populaires et les professions intermédiaires...

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