De l'Absurdistan à la fatigue pandémique, il est urgent de sortir de l'impasse

Politique

«C'est la guerre», nous disent nos dirigeants, qui donnent l'impression que nous l'avons perdue. | Ivan Radic via Flickr

Règles incohérentes, mesures à l'efficacité douteuse: la gestion actuelle de la pandémie de Covid-19 nous épuise autant qu'elle nous empêche d'entrevoir enfin une issue.

Début mars 2020, Emmanuel Macron se rendait tranquillement au théâtre pour assister à une pièce intitulée Par le bout du nez. Voici ce qu'il affirmait alors, malgré l'épidémie de Covid-19 qui semblait se développer inexorablement sur le territoire français: «La vie continue. Il n'y a aucune raison, mis à part pour les populations fragilisées, de modifier nos habitudes de sortie.»

Dix jours plus tard, annonçant un premier confinement nécessaire, le président français déclarait: «Nous sommes en guerre.» Une première incohérence malheureuse en matière de communication, à laquelle en succéderont de nombreuses autres telles que le fait de considérer initialement le port du masque comme une mesure non essentielle (au motif que de toute façon, le grand public ne saurait pas le porter). S'y ajoutent la pénurie de tests ou encore le manque d'anticipation pour la campagne vaccinale.

On ne parle même pas de la stratégie de communication globale infantilisante, avec l'usage d'un lexique rappelant davantage celui employé par des parents d'enfants en bas âge que par des dirigeants responsables. Olivier Véran n'a t-il pas d'ailleurs affirmé gérer la vaccination «en bon père de famille»?

Incohérences jusqu'à plus soif

Nous avons également été confrontés à un certain nombre de mesures sanitaires absurdes, comme une attestation pour s'autoriser soi-même à sortir, des commerces jugés plus essentiels que d'autres sur des bases obscures, des rayons de livres fermés dans les supermarchés au prétexte de soutenir les libraires, des télésièges interdits dans les stations de ski alors que les rames de métro étaient remplies jusqu'à l'occupation des strapontins, les «plages actives»...

Si l'on pouvait supporter ces incohérences au début de la pandémie, au nom d'une certaine naïveté à l'égard du virus et d'une nécessité d'agir dans l'urgence, nous devons faire face aujourd'hui encore à des mesures absurdes du point de vue scientifique. Comment comprendre que les musées restent fermés alors que les magasins sont ouverts?

Comment entendre que les terrasses des bars et des restaurants demeurent closes alors que les cantines d'école et d'entreprise, aux espaces intérieurs mal ventilés, continuent d'accueillir chaque jour bon nombre de personnes à l'heure du déjeuner? Comment accepter l'interdiction de se promener en plein air ou sinon l'obligation d'être masqué, alors que le risque d'être contaminé à l'extérieur est extrêmement faible (sinon nul) et en tout cas, jamais documenté scientifiquement?

Face à des chiffres qui montrent que l'épidémie en France (mais aussi en Belgique) demeure sur un plateau haut avec près de 400 décès par jour et 25.000 personnes contaminées (respectivement 20 et 2.500 chez nos voisins belges, dont la population est de 11 millions), nous nous sentons infantilisés et finalement, pas très protégés.

Nous avons en réalité très peu de marges de manœuvre pour faire preuve de proactivité contre la pandémie à titre individuel –si ce n'est porter notre masque, nous laver les mains et limiter nos contacts. Nous nous retrouvons suspendus aux désormais rituelles conférences de presse du jeudi soir, que nous regardons en étant irrités d'avance, sachant bien que l'économie et les sondages primeront sans doute sur la sécurité, la santé et l'autonomisation de la population.

Contre la fatigue pandémique

Dans le même temps se répand une contagion plus pernicieuse encore mais déjà repérée par l'OMS dès octobre 2020: la «fatigue pandémique». Cette expression désigne un syndrome à la fois psychologique et physique en lien avec le Covid-19 et les mesures sanitaires. En cause, la peur de la maladie pour soi et pour ses proches, mais aussi les contraintes liées aux mesures de lutte contre cette même maladie: perte de lien social, peur du chômage ou des conséquences économiques, absence de perspectives et de projets possibles...

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