Coronavirus : les flips et les flops de la pandémie

Santé

Porter un masque est inutile. Les tests sont la clé du déconfinement. Les personnes touchées par le coronavirus sont immunisées contre l'infection. Les enfants propagent le virus. L'épidémie va disparaître à l'été. Toutes ces infos ont été successivement remises en cause quelques semaines après nous avoir été communiquées. Pourquoi une telle cacophonie ?

Alors que les scientifiques, censés apporter un avis éclairé et objectif, ont envahi les plateaux de télévision et les pages Internet, nous sommes assaillis d'avis et de chiffres contradictoires concernant l'épidémie de Covid-19. Immunité, masques, mortalité, tests de dépistage... Jamais la science n'avait produit autant d'études en si peu de temps et jamais autant elles n'ont paru aussi opposées. Pas sûr du coup qu'« inonder Internet de faits et de données scientifiques » soit le meilleur moyen pour combattre les infox, comme le suggère le Secrétaire général de l'ONU. Dans les inondations, on risque fort de se noyer. Retour sur les principales cacophonies entourant le coronavirus.

Patients asymptomatiques : combien sont-ils ?

« Avec la grippe, les personnes infectées mais asymptomatiques sont des moteurs de transmission importants, ce qui ne semble pas être le cas avec le Covid-19. Des données chinoises montrent que seulement 1 % des cas rapportés sont asymptomatiques, et la plupart des cas développent des symptômes dans les deux jours suivant l'infection », indiquait le directeur général de l'OMS le 3 mars dernier. Un chiffre drastiquement revu à la hausse par la suite. Quatre personnes infectées sur cinq seraient asymptomatiques, affirme un article du BMJ paru en avril. Selon les études, les chiffres font le grand écart entre 4 % et 70 %. Une étude menée dans des prisons américaines indique carrément 96 % de cas asymptomatiques. La réalité, c'est que personne n'en sait rien et qu'il est donc impossible de connaître le nombre de personnes déjà touchées.

 

Immunité : est-on protégé quand on a guéri ?

Une personne infectée par le coronavirus développe en principe des anticorps capables de prévenir une nouvelle infection. C'est sur la base de ce présupposé que de nombreux médecins ont établi le concept « d'immunité collective », qui indique que l'épidémie ne pourra être véritablement stoppée que lorsque 70 % de la population aura été infectée, donc protégée. Sauf que depuis, le doute s'est installé. « Certaines des personnes [qui ont guéri du Covid-19] ont des niveaux très faibles d'anticorps dans le sang. Aucune étude n'a permis d'établir si celle-ci est suffisante pour empêcher une nouvelle infection », met en garde l'OMS. De plus, tous les anticorps ne sont pas capables de neutraliser le virus. Selon une étude chinoise, 30 % des patients guéris ont développé de très faibles titres en anticorps neutralisants. Or, « on ignore si [ces patients] à faibles titres d'anticorps neutralisants sont à risque élevé de rebond de l'infection virale ou de réinfection », note la Haute autorité de santé (HAS). L'incertitude demeure aussi sur la durée d'immunisation : trois mois ? Un an ? Plusieurs années ?

Les anticorps acquis après l’infection protègent-ils vraiment du coronavirus ? © Jason Busa, Adobe Stock

Confinement : une vision à courte vue ?

Selon une étude de l'Imperial College de Londres publiée en mars, le confinement en Europe aurait permis d’éviter jusqu’à 120.000 morts. Une autre étude de l'École des Hautes études en Santé publique évoque 60.000 vies sauvées rien qu'en France. Sauf que les rares pays n'ayant pas adopté de mesures strictes s'en sortent plutôt bien. La Suède, par exemple, enregistre à peine 3.175 morts contre plus de 26.000 en France. D'autres experts estiment même que le confinement pourrait avoir plus d'effets négatifs que positifs, en dissuadant les malades chroniques ou les victimes d'AVC de se rendre à l'hôpital. Un membre du gouvernement britannique cité par le Financial Times regrette qu'on ait mis « tous les œufs dans le même panier [du Covid-19] plutôt que de voir l'impact général sur la santé ». Les médecins s'alarment aussi sur les conséquences à long terme du confinement en matière de santé mentale. Sans compter les répercussions économiques qui vont plonger de nombreuses personnes dans la pauvreté....

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