Comment ne pas faire exploser son couple pendant le confinement

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Le confinement, c'est aussi la période pour profiter de tout ce temps pour faire des choses ensemble: ranger, trier les affaires... | HiveBoxx via Unsplash

On a beau s'aimer, personne n'est fait pour rester plusieurs semaines d'affilée dans le même espace avec la même personne en gardant la même patience.

«Je peux te dire que je savoure mon dernier jour au bureau», me confiait une amie lundi 16 mars, dernier jour avant le confinement officiel. Elle fait partie de celles et ceux qui avaient anticipé un des enjeux de cette quarantaine: garder une relation plutôt agréable avec sa moitié.

Dans un très beau texte paru dans Libération le 12 mars, la romancière italienne Cristina Comencini nous prévenait: «Est arrivé le moment de la vérité, pour les couples qui ne se supportent pas, pour ceux qui disent s'aimer, ceux qui vivent ensemble depuis une vie entière, ceux qui s'aiment depuis peu de temps.» Au même moment, en Chine, on apprenait que le nombre de divorces avait explosé dans les régions où le confinement avait été levé.

Pour certain·es, le confinement tombe à pic: «Beaucoup de couples en thérapie se plaignent de ne pas avoir assez de temps pour se voir ou pour faire l'amour ou parce qu'ils sont trop fatigués à cause de travail, explique Evelyne Dillenseger, thérapeute, sexologue clinicienne et psychanalyste, il faut qu'ils en profitent.» Mais être ensemble 24h/24 dans son logement, ce n'est pas vraiment non plus les vacances avec moult activités à faire (ou pas) chaque jour.

Trouver son rythme et penser à la suite

«J'en peux déjà plus», soufflent certain·es sur WhatsApp au bout de quelques jours de confinement. Et c'est normal, inutile de culpabiliser ou de dramatiser non plus. «Les débuts peuvent être un peu flous, rassure Florence Beuken, psychothérapeute. On est plus ou moins content de se retrouver ensemble, puis on se rend compte rapidement que dans des circonstances comme celles qui nous vivons, ce n'est finalement pas si génial. Les tensions peuvent se faire sentir assez rapidement.»

Pour que chacun·e trouve son équilibre, la professionnelle conseille d'abord de poser un cadre: travaille-t-on de son côté pour mieux se retrouver le soir et se raconter sa journée ou partage-t-on les pauses pour s'encourager? De combien de temps et d'espace avons-nous besoin? «Il semble également important de bien délimiter le temps de travail. Parce que pour certain·es, il peut être tentant, surtout en cette période de crise d'être encore plus ou moins connecté·es au boulot à la fin de la journée. De manière individuelle, comme conjugale voire familiale, c'est le meilleur moyen pour aller vers l'épuisement. On est là sans être là», ajoute la psychothérapeute. Cette situation peut se traduire par la présence d'un smartphone sur la table du dîner ou la notification d'un mail du boulot devant Netflix.

Si ce n'est pas toujours facile à deux, ça l'est encore moins quand on a des enfants. Si c'est votre cas, essayez de définir qui s'occupe de quoi et quand, c'est important de se relayer. «Il est probable que ces premiers jours ont été l'occasion de tâtonner. Tirons les leçons de ce que l'on a pu observer pour définir les tâches et les horaires de chacun·e», préconise Florence Beuken.

Mais le confinement, c'est aussi la période pour profiter de tout ce temps pour faire des choses ensemble: ranger, trier les affaires, lire, cuisiner, se reposer, regarder des séries, des films, voir ses proches sur Skype, faire des jeux de société ou en réseau. «C'est le moment de se retrouver, de se parler, de faire le point sur son couple, ajoute Evelyne Dillenseger. On peut en profiter pour faire des projets. C'est comme se retrouver sur une île déserte, on apprend à se connaître et à faire des plans.»

Essayer de prendre du temps pour soi

Il ne s'agit pas de s'oublier non plus. C'est sûrement ça qu'on a tendance à mettre le plus de côté dans cette période anxiogène. «Il va être important de continuer à se ménager une bulle, un moment, un espace que l'on prend rien que pour soi, confirme Florence Beuken. Cela peut être un moment où on lit, où on prend un bain ou n'importe quelle activité qui peut nous faire du bien et nous permet de respirer. Être sans arrêt l'un sur l'autre peut rapidement donner la sensation d'étouffer.»

On risque encore plus de s'oublier quand on a des enfants: ils sont là toute la journée et le travail n'est presque plus là pour penser à autre chose. «Chez les parents, aujourd'hui, il est très fréquent de vouloir faire passer les enfants avant tout. Là aussi, il va falloir cadrer. Quand est-on là entièrement pour eux? Quand les laisse-t-on, si l'âge le permet, en autonomie pendant que nous faisons des choses d'adultes? Comment faisons-nous pour nous octroyer une bulle individuelle, et, plus difficile mais faisable, une bulle conjugale?», interroge la psychothérapeute.

Inutile de vous mettre la pression, vous ne pouvez pas remplacer l'enseignant·e de votre enfant. Gérer les devoirs envoyés est suffisant. «Nous ne devons pas enseigner, mais simplement jouer notre rôle de parent, dans un contexte juste un peu différent. Ils peuvent relâcher la pression à ce niveau. Par ailleurs, je vois fleurir toute une série d'activités proposées sur les réseaux sociaux, internet. Certes, cela passe par les écrans, mais ce n'est pas forcément mal, c'est notre connexion actuelle au monde. Si le temps d'écran est plus important que d'habitude, ce n'est pas catastrophique.»

Pour jongler entre les activités (jeux, cuisine, écrans, lecture, podcasts), leurs devoirs, votre travail, celui de votre conjoint·e et vos moments solo, vous pouvez vous appuyer sur un emploi du temps familial. «Il permet de garder un rythme, suggère Evelyne Dillenseger. Mais l'idée n'est pas de laisser la mère seule établir les règles et gérer la charge mentale.»....

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