Comment j'ai décidé de dire «oui» à tout ce que me demandaient mes enfants

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Dans un monde où notre liberté a été restreinte, c'est un soulagement de pouvoir dire aux enfants «oui, allez-y, faites ce qui vous plaît». | engin akyurt via Unsplash

J'ai eu peur que toutes les restrictions liées au Covid finissent par influencer mon cerveau. Il est temps de se préparer à la liberté à (re)venir.

Je suis dans un tel état psychologique que je m'identifie aux personnages de films pour enfants de Netflix. Je pense que cette indication me situe assez bien sur l'échelle de la fatigue.

Il n'empêche, ce film a vraiment résonné en moi.

Ça s'intitule Yes Day et je ne peux honnêtement pas dire qu'il s'agit d'un chef-d'œuvre qui révolutionne le 7e art.

 

Mais ses vingt premières minutes ressemblent à la mise en image parfaite de ce que j'ai tenté d'expliquer à plusieurs personnes ces derniers jours.

On y voit quoi dans ce film? Jennifer Garner qui nous raconte comment elle a toujours été une personne qui disait oui, une personne ouverte à l'aventure, pleine d'envies, prête pour les surprises. Et puis, elle s'est mariée, elle a eu des enfants et son grand «oui» à la vie s'est transformé en une litanie de «noooon».

C'est précisément ce que je ressens en ce moment. Au début, quand les enfants commencent à ramper et à attraper, on prononce, sans s'en rendre compte, quelques «non» doux mais fermes. Et puis, plus leurs capacités psychomotrices (et leur obstination) progressent, plus on multiplie les «non».

Ce qu'on ne raconte pas assez, c'est l'étape d'après. Celle qui m'a vraiment épuisée. Qui m'épuise encore.

L'étape suivante, c'est la prise de décision permanente. La période où les gentils enfants, à force qu'on leur dise «non», ont compris qu'il valait mieux demander avant de faire et conséquemment passent leur journée à vous bombarder d'interrogations. «Je peux prendre un bonbon? Je peux prendre ma douche demain? Je peux faire mes devoirs plus tard? Je peux reprendre un laitage? Je peux aller au bout du parking? Je peux envoyer un message à mon copain?»

Vous allez me dire qu'ils sont bien élevés et vous demander où est le problème. Alors d'abord, il semblerait que j'ai réduit leur niveau d'autonomie à peu près à zéro à force de dire «non». Ensuite, j'ai généré une situation de parentalité intensive dans laquelle ils sont tout le temps en train de me solliciter.

Mais ce qui me pose vraiment un problème, c'est la surcharge cognitive liée à la nécessité de décider autant de choses. Déjà, moi, je n'aime pas trop prendre des décisions. Ou alors si, mais des décisions radicales, des trucs qui potentiellement peuvent changer votre vie. Je m'intéresse assez peu aux décisions quotidiennes, du genre «on mange quoi ce soir?». Choisir, décider, trancher me fatigue. J'ai passé des années de vie de couple à répondre alternativement «je sais pas» et «comme tu veux». Sauf qu'aucune de ces deux phrases ne fonctionne avec les enfants.

Mais là, en prime, il y a 1. le fait que l'enfant reste planté devant vous et attend une réponse immédiate, 2. il est capable de répéter la question jusqu'à obtenir une réponse. Tout cela me met une pression dingue.

Et en plus, comme si cela ne suffisait pas, j'ai peur de me tromper de réponse et de le regretter amèrement. Comment cela est-il possible?

La réponse va influer sur le cours des choses

Vous allez comprendre avec un exemple concret. Prenons une question récurrente. Je suis dans la cuisine en train de préparer le dîner. Autant dire que mon degré de saturation est déjà maximal puisqu'il a fallu que je prenne une décision nulle, à savoir le menu. Et puis, faire à manger tous les soirs m'est extrêmement pénible. En général, précisément au moment où vous êtes en train d'enlever du feu la casserole d'eau et de pâtes bouillantes, l'enfant arrive dans la cuisine, ce qui vous force à lever la casserole à deux mains pour la passer au-dessus de sa petite tête, et c'est assez acrobatique. Et alors que vous égouttez vos spaghettis, il vous demande d'une voix charmante: «Je peux regarder la tablette?»...

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