Chaînes info et réseaux sociaux tournent comme des cerveaux malades

France

Après les attentats de Bruxelles, en mars dernier, plusieurs textes ont évoqué le rôle des chaînes d’info en continu et des réseaux sociaux dans la construction du traumatisme psychique. Les mêmes mécanismes sont à l’œuvre après l’attaque de Nice.

Sur Vox, Jeremy Shapiro, chercheur en relations internationales, raconte son arrivée à Bruxelles en mars dernier. Les soldats lourdement armés, qui embêtent un SDF, dans un environnement pourtant calme et bourgeois.

« En sortant de la gare, je pense aux 31 personnes [35 victimes à ce jour, ndlr] qui sont mortes tragiquement dans le métro et l’aéroport alors qu’elles ne faisaient que vivre leur vie.

J’imagine mes proches et moi, à leur place... Mais en regardant le trafic bruxellois, je pense aussi aux deux ou trois personnes qui statistiquement vont mourir d’un accident de voiture, aujourd’hui, à Bruxelles. »

Une réaction disproportionnée

Jeremy Shapiro rappelle le nombre de morts, bien plus élevé, dues aux tueries de masse aux Etats-Unis en 2015. Il explique qu’il travaille, avec beaucoup d’autres, sur la réaction disproportionnée au terrorisme depuis plus de dix ans. Mais que cela n’empêche pas sa mère de l’appeler pour lui dire de bien faire attention dans les rues de Bruxelles... Et de ne pas s’inquiéter quand il prend la voiture.

 « Pourquoi ? Pourquoi fixons-nous notre attention sur les attaques terroristes et pas sur un conducteur saoul qui a renversé des gens ? »

Jeremy Shapiro donne trois raisons à cette disproportion :

  • les êtres humains n’arrivent pas à intégrer les probabilités impliquant des nombres aussi grands ;
  • la saturation médiatique (ce sont les médias qui rendent le terrorisme d’aujourd’hui aussi rentable) ;
  • la tendance à surestimer ses ennemis (alors que le terrorisme est plutôt l’arme des pauvres).

Le deuxième point, la saturation médiatique, est la grande variable de cette liste. Les chaînes d’info continue, la manière dont on les consomme (j’allume iTélé et je ne bouge plus) et les partages sur les réseaux sociaux ont fait exploser l’espace mental occupé par les dernières attaques terroristes. Après les attentats de Bruxelles, plusieurs textes ont été publiés pour dénoncer le problème. En voici des extraits....

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