Ces primaires ne servent qu'à choisir le futur chef du PS

Politique

Et si la gauche avait d’abord tenté de sauver l’honneur dans cette primaire? Porté par une mobilisation en demi-teinte, le député des Yvelines est un apparatchik complet dont le rêve était de diriger le PS: c’est d’ailleurs le chemin qui semble s’ouvrir à lui désormais.

Une campagne éclair pour un défi à long terme. En quelques semaines, les électeurs de la Belle Alliance Populaire –qui n’a jamais aussi mal porté son nom avec moins de deux millions de participants– ont voté comme un seul homme, ou presque, pour Benoît Hamon.

Il y a cinq ans François Hollande prononçait le fameux discours du Bourget, dont les deux piliers –volontarisme en politique et patriotisme économique– étaient largement inspirés de son futur ministre du Redressement productif, alors arbitre de la primaire de 2011: Arnaud Montebourg. Cinq ans après ce discours, la gauche est en ruine, le PS est divisé sur l’héritage d'un quinquennat rejeté par de nombreux ministres et, parmi eux, un frondeur va occuper la place de challenger à gauche face à Manuel Valls, arrivé en deuxième position.

Cette place, beaucoup y voyaient Arnaud Montebourg, qui a d’ors et déjà annoncé son soutien au représentant éternel de l’aile gauche du PS. Celui qui mima son départ de la vie politique est atteint du syndrome Nicolas Sarkozy: il a ciblé un électorat populaire, fait une campagne pour le retour de l’Etat en défendant une société du travail. Sauf que ces électeurs ne se déplacent pas pour les primaires, encore moins celles du PS, qui a vu depuis longtemps lui échapper les ouvriers ou classes moyennes prolétarisées.

.

Vieil apparatchik zélé des Congrès socialistes et longtemps second rôle de l'aile gauche du PS, Benoît Hamon n’a jamais eu qu’un seul rêve: occuper le fauteuil de Premier secrétaire. En cela, il est le double inversé de Jean-Christophe Cambadélis, côté aile droite du parti. Dans cette primaire, il a été porté par les jeunes qui font la fête sur sa péniche comme si ce 22 janvier était le 10 mai 1981. En réalité, cette victoire en demi-teinte est le premier acte fondateur d’une prise de pouvoir au Parti socialiste. 

Lui même le sait et le répète depuis des mois, même avant le renoncement de François Hollande. Les électeurs ne l’ont pas propulsé, avec près de 36% des voix à cette primaire, vers les sommets de la présidentielle. Ils savent trop bien qu’entre Emmanuel Macron, représentant de la gauche libérale et bourgeoise, et Jean-Luc Mélenchon, héraut d’une gauche ouvriériste et, selon ses termes, «indépendantiste», le représentant officiel du PS est coincé dans un étau difficile à desserrer. Mais les électeurs de gauche sont plus malins. Eux aussi sont stratèges, la primaire les y oblige. Ils savent que la gauche est à terre mais ils veulent quand même sauver le PS. Ils savent que Benoît Hamon, de part sa stature et son programme, n'a aucune chance de remporter l'élection présidentielle. Mais c'est pour autre chose qu'ils ont voté....

Lire la suite - Ces primaires ne servent qu'à choisir le futur chef du PS

Articles en Relation

Le retour des deux gauches irréconciliables Benoît Hamon, gagnant de la primaire de la gauche, et Manuel Valls, candidat défait, à l'ancien siège du Parti socialiste, rue de Solférino (Paris) le...

ACTUALITÉS SHOPPING IZIVA