Ce qu'il restera de «Dix pour cent», ce sont ses personnages féminins

Vidéo

À travers ses personnages principaux et ses guest-stars, la série a pointé en filigrane le système sexiste du cinéma. | Capture d'écran Youtube via France TV (Montage Slate.fr) 

Une héroïne lesbienne iconique, un discours moderne sur le sexisme du cinéma français… voilà ce que l'on retiendra de la série créée par Fanny Herrero.

En quatre saisons, Dix pour cent a accompli un exploit rare dans l'univers des séries françaises: recueillir aussi bien l'adoration du public que l'admiration de la critique. En racontant le quotidien d'une agence artistique parisienne, elle aura permis aux téléspectateurs et téléspectatrices de se faufiler dans l'univers fantasmé du cinéma français, tout en invitant de nombreuses stars de l'industrie à faire preuve d'autodérision et jouer avec leur image.

Dix pour cent, c'est avant tout une comédie d'ensemble, et chaque membre de la famille ASK était essentiel à son équilibre. Loyal et maladroit, Gabriel était le cœur en guimauve de la série et, dans le rôle d'Hervé, Nicolas Maury a prouvé qu'il était plus qu'un simple ressort comique. Mais alors que la série vient de s'achever, sa plus grande réussite reste sans doute ses personnages féminins. Dix pour cent a mis en avant une galerie de femmes attachantes, intelligentes et redoutablement ambitieuses: il y a eu Arlette, l'excentrique doyenne, Sofia Leprince, actrice au grand cœur, ou encore Camille, qui démarre la série timidement en tant qu'assistante mais s'affirme un peu plus à chaque saison.

Noémie, incarnée par la sémillante Laure Calamy, était peut-être la moins gâtée du casting: un de ses principaux traits est d'être folle amoureuse de Mathias, son patron qui, soyons honnêtes, ne la mérite pas. Mais la saison 4 lui a permis de se rebeller et de gagner en autonomie, et même de faire ses preuves professionnellement en devenant chargée de développement. Il ne lui restera plus qu'à plaquer Mathias, mais ça, c'est une autre histoire.

Andréa Martel, héroïne lesbienne

Et puis, bien-sûr, il y a Andréa Martel. Première héroïne lesbienne dans une série française d'une telle envergure, Andréa a bouleversé le petit écran français pendant quatre saisons. Son franc-parler, son ambition et son humour, ainsi que sa relation avec Colette, en ont rapidement fait une des héroïnes les plus importantes de la décennie, et probablement une icône pour la communauté LGBT –malgré quelques petits ratés d'écriture.

Dans la saison 2, Andréa couche avec un homme, Hicham. Ce rebondissement plutôt mal amené déçoit alors une partie du public, et renforce un cliché nocif de la pop culture, selon lequel les lesbiennes résistent rarement à l'appel du pénis –ce qu'Andréa déplorera elle-même avec son fameux «putain de bite de merde». Mais tout le poids de la représentation ne peut pas tomber uniquement sur les épaules d'un seul personnage, et malgré ses imperfections, celui d'Andréa, incarnée par l'excellente Camille Cottin, reste iconoclaste à bien des niveaux.

C'est grâce à ce coup d'un soir regretté que la jeune femme tombe enceinte, et décide d'élever son enfant avec Colette. Un parcours de PMA un peu simplifié, qui permet malgré tout d'aborder les nombreuses injustices qui limitent l'homoparentalité en France. Dans un discours plébiscité par les téléspectateurs et téléspectatrices à la fin de la saison 3, Hicham renonce ainsi à ses droits parentaux, permettant à Colette d'être, elle aussi, la mère de Flora. Un beau geste, qui rappelle en même temps l'ascendant que conserve le géniteur dans ce genre de situations.

Les actrices face à un système sexiste

À travers ses personnages principaux comme ses guest-stars, la série a aussi pointé en filigrane les défauts du cinéma français, notamment son sexisme. Le ton était lancé dès les premières minutes de la série: Cécile de France, en lice pour jouer dans le prochain Tarantino, est écartée du projet à cause d'un «problème d'âge». À 40 ans à peine, l'actrice est considérée comme trop vieille pour le rôle… À moins d'accepter de faire de la chirurgie esthétique (un lipofilling, pour être précis). Sous la pression, Cécile de France se résout à la procédure mais change d'avis au dernier moment, préférant s'asseoir sur un gros projet hollywoodien pour conserver son intégrité. Un combat que beaucoup d'actrices ont sans aucun doute mené (et perdu) dans la vraie vie...

Lire la suite de cet Article sur Slate.fr - Ce qu'il restera de «Dix pour cent», ce sont ses personnages féminins

Articles en Relation

La première série Netflix sur la pandémie est là (et, franchement, c'est pas mal... La série fait notamment écho, avec beaucoup de cœur, aux appréhensions du moment. | Capture d'écran YouTube via Netflix   «Social...
Pendant le confinement, regardez des DVD! De beaux fantômes vous y attendent Willem Dafoe dans «Tommaso» d'Abel Ferrara. | Capture d'écran via YouTube Choix d'objets singuliers plutôt que logique de flux, les DVD sont une...
«Ganja & Hess», morsure à vif d'un passé incandescent Ganja (Marlene Clark), forte femme qui n'est pas au bout de ses surprises. | Capricci  L'édition DVD du film de Bill Gunn, sortie près de cinqua...
Vingt nouvelles séries qu'on a hâte de découvrir en 2021 Avec, entre autres, WandaVision, Little Birds, The Good Lord Bird, En Thérapie. | Captures d'écran via Youtube / Montage Slate.fr  Cette année, ...
12 séries flippantes pour se mettre dans l'ambiance d'Halloween L'effrayant Bob dans Twin Peaks. | Capture d'écran via YouTube Et comme on est sympas, on les a même classées de la moins à la plus effraya...
Les films à voir sur Netflix pendant le (nouveau) confinement Eric André dans Bad Trip de Kitao Sakurai | Capture d'écran via YouTube Il n'y a pas que les séries dans la vie. Nous nous préparons encore à de lon...

TOP VIDEO EN LIGNE

BONNES AFFAIRES LOISIRS