Budapest se porte mieux sans ses touristes (enfin presque)

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Des touristes font la fête dans les rues de Budapest, en septembre 2017. | Peter Kohalmi / AFP 

La capitale hongroise, privée de visiteurs étrangers par la pandémie, n'est plus la même sans ses Anglais bourrés et ses cohortes d'EVG.

Quand j'avais encore la vingtaine, j'allais souvent boire des bières dans le secteur festif du VIIe arrondissement de Budapest, alias le Bulinegyed, où les bars plus ou moins sympas se recensent par dizaines. En retournant vers la ligne de tram 4-6 me ramenant en direction de mon domicile via le Nagyk?rút, le boulevard circulaire intérieur de la capitale magyare, je croisais, au minimum, une bande de citoyens de Sa Majesté bourrés comme des alambics et des traces plus ou moins fraîches de vomi sur le trottoir. En même temps, difficile de ne pas se laisser tenter par l'ivresse quand les pintes coûtent deux euros.

Depuis que la pandémie s'est invitée dans nos vies, les cliques de Britanniques ont cessé de troubler la tranquillité déjà précaire des habitants du secteur n'ayant pas encore monnayé leur appart sur Airbnb. Le 1er septembre 2020, la Hongrie fermait ses frontières à tous les touristes jusqu'à nouvel ordre par crainte d'une explosion du nombre de cas de Covid. Les barrières à l'entrée du territoire magyar n'ont pas empêché le pays d'être le plus endeuillé au monde en proportion de sa population. Ironie du sort, les dégâts considérables occasionnés par la troisième vague émanent du variant anglais.

Escape games et tourisme dentaire

Si les terrasses de Budapest ont rouvert fin avril, la ville n'est pas aussi pleine que d'ordinaire en cette période de week-ends prolongés brassant une myriade de visiteurs étrangers sur les bords du Danube. Les restaurants du Korzó, promenade bordant le fleuve côté Pest, ont connu meilleure fréquentation. Au sommet du mont Gellért, nul besoin de se faufiler parmi une noria de téléphones pour prendre un selfie avec le Palais de Budavár, l'église Mátyás, le Pont des Chaînes et le Parlement en arrière-plan. Dans les allées des Halles Centrales, les sachets de paprika en poudre se décomposent sur les étalages.

En une décade, Budapest est devenue une destination incontournable des city-breakeurs de tous âges. Des jeunes viennent enterrer leur vie de garçon (comme moi) ou de fille entre défis dingues, crochets au club de striptease, limousines et whiskys cocas avant de passer la bague au doigt. Des groupes de potes ou de collègues de boulot s'éclatent dans la foultitude de salles d'escape games de la ville. Des croisiéristes savourant leur retraite immortalisent les monuments de la cité danubienne lorsque leur embarcation fend la localité coupée en deux par le second cours d'eau du Vieux Continent.

Et quand les sexagénaires n'admirent pas Budapest depuis le pont d'un navire battant souvent pavillon allemand ou helvète, ils alimentent le juteux business du tourisme dentaire, Français et Suisses en tête. Les patients accompagnés d'interprètes remplissent des cabinets tout aussi sophistiqués que dans l'Hexagone où l'on installe couronnes et bridges pour la moitié, voire le tiers des standards occidentaux. Forcément, ça ramène du monde. D'autant plus car notre chère Sécu couvre une part de l'intervention. Le Lanzarote des quenottes repartira sûrement comme en 40 une fois le marasme du Covid-19 terminé.

Concernant les tournages hollywoodiens, croisés par quantité d'habitants de Budapest au détour des artères du centre-ville ayant souvent servi de faux Paris, faux New-York, ou faux Moscou, je suis certain que l'usine à rêves se ruera de nouveau sur place lorsque la crise sanitaire sera vraiment derrière nous. Les stars américaines adorent Budapest. Will Smith célébra son anniversaire en donnant un concert hip-hop devant la basilique Saint-Étienne pendant le tournage de Gemini Man et escalada l'un des piliers du Pont des Chaînes pour concocter une vidéo Instagram dansante qui fit le tour de la planète....

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