Beaucoup d'infections, peu de décès: les mystères du Covid-19 en Inde

Santé

Un homme attend son train, devant une fresque murale liée au Covid-19, à Mumbai, le 23 mars 2021. | Indranil Mukherjee / AFP

Alors que le pays fait actuellement face à une augmentation fulgurante du nombre de cas positifs au virus, les chiffres de la premier vague interpellent.

«Il n'y a plus de Covid ici, explique en souriant un jeune serveur, masque dans la poche, à la terrasse d'un restaurant de New Delhi. On l'a vaincu et il est parti loin d'ici.»

Cette scène n'a rien de surprenant dans la capitale indienne, où le port du masque et les gestes barrières ne sont désormais appliqués que dans certaines parties de la ville. Un relâchement dû à la fois à la lassitude générale face aux restrictions, à la relative accalmie de la pandémie sur le territoire entre décembre et février mais également aux mystères qui entourent la mortalité liée au virus dans le pays.

Le Covid-19 en Inde n'a, à première vue, rien de très rationnel. Troisième pays le plus touché au monde par le virus, avec près de 12 millions de cas, l'Inde présente un taux de mortalité particulièrement bas –environ 118 décès par million d'habitants. Un nombre qui est onze fois supérieur en France, avec 1.391 morts par million d'habitants, et qui reste également loin derrière celui des États-Unis et du Royaume-Uni, qui rapportent respectivement 1.660 et 1.890 décès par million d'habitants.

Alors que le nombre de cas explose à nouveau sur le territoire, faisant craindre une seconde vague bien plus mortelle, revenons sur cette exception indienne, que plusieurs chercheurs ont tenté d'expliquer.

«Une différence démographique»

Le virus a pourtant bel et bien frappé l'Inde, deuxième pays le plus peuplé au monde, juste derrière la Chine, avec 1,3 milliard d'habitants. Une enquête nationale effectuée par prélèvement sanguin a montré qu'environ 22% des Indiens avaient été exposés au Covid-19 au mois de décembre 2020. C'est plus de trente fois le décompte officiel, rapporte The Economist. Malgré tout, même au plus fort de la pandémie, le taux de mortalité lié au virus restait bien plus bas que dans les autres pays.

«Une bonne partie de cette différence peut s'expliquer par la seule démographie, explique Gautam I. Menon, professeur au département de physique et de biologie à l'université Ashoka. L'âge médian de l'Inde est bas, environ 29 ans, alors que celui des États-Unis est d'environ 38 ans et celui du Royaume-Uni d'environ 40 ans.» En France, il est de 41 ans.

L'âge étant le principal facteur de risque de mortalité dû au Covid-19, la jeunesse indienne a pu sortir relativement indemne face au virus. D'un autre côté, l'Inde connaît également un taux d'obésité faible comparé à certains pays occidentaux. Ce facteur, qui accroît les risques de complications, aurait à son tour réduit le taux de mortalité....

Lire la suite de cet Article sur Slate.fr - Beaucoup d'infections, peu de décès: les mystères du Covid-19 en Inde

Articles en Relation

Peut-on faire un Covid long tout en étant vacciné? Le Covid long consiste en un ensemble de symptômes débilitants pouvant persister pendant des semaines ou des mois après la fin de l'infection. | ...
Variant Delta: ce qu'il faut faire pour protéger les enfants à l'école Des élèves d'une école primaire d'Eysines, dans la banlieue de Bordeaux, le 25 février 2021. | Philippe Lopez / AFP   La hausse des ca...
Devrait-on payer les gens pour qu'ils se fassent vacciner? Il existe tout un panel de possibilités qui permettent d'encourager et de motiver sans contraindre ni créer la défiance. | Ivan Diaz via Unsplash Sel...
Non prioritaires mais vaccinés: les fraudeurs de la vaccination La file d'attente devant le nouveau centre de vaccination au Stade de France (Saint-Denis), le 6 avril 2021. | Thomas Samson / POOL / AFP Par pe...
Les gestes barrières vont-ils empêcher les bébés de développer une immunité natu... Il est primordial de repenser notre rapport à l'hygiène dès lors que nous sommes au contact de nouveaux-nés. | Yamil Lage / AFP  La diminution d...
Les tests salivaires rapides, l'outil de dépistage qui manquait à la France Une femme donne un échantillon pour un test salivaire, à Saint-Étienne, le 22 février. | Jean-Philippe Ksiazek / AFP  La Haute Autorité de santé...

ACTUALITÉS SHOPPING IZIVA