Après la polémique «Lost», le miracle de la fin de «The Leftovers»

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Très affecté par l'accueil réservé à la fin de «Lost» en 2010, le créateur Damon Lindelof a changé de regard lorsqu'il a fallu dire au revoir à sa dernière création, «The Leftovers».

Ce dimanche 4 juin 2017, le cocréateur de The Leftovers Damon Lindelof a sûrement hésité à relancer son compte Twitter, abandonné il y a près de quatre ans de cela. Car contrairement à la fin de son autre grande série, Lost, qui avait été largement critiquée par les fans en 2010 et l'avait poussé à cesser ses gazouillis, l'ultime épisode de The Leftovers (série diffusée en France sur OCS) semble faire l'unanimité chez les fans comme chez les critiques, qui lentement se relèvent de leur position latérale de sécurité –un comportement normal à la fin de n'importe quel épisode de The Leftovers. Mais derrière cette rédemption critique et publique de Lindelof, il y a surtout eu chez lui, et chez nous, l'acceptation d'un concept: une grande question n'a pas forcément de réponse définitive.

Lors de son passage au festival Séries Mania en avril dernier, où il était président du jury, Damon Lindelof n'a pas pu éviter les questions sur Lost, série gigantesque et mythologique dont l'héritage douloureux pèse encore sur ses épaules, sept ans après. En un sens, il l'avait un peu cherché: Lost était une série puzzle, où chaque épisode livrait son lot de questions, déchaînant les passions de fans qui avaient jusque-là, rarement autant débattu et théorisé autour d'une série.

L'épisode final était donc particulièrement attendu et se devait de répondre à toutes nos interrogations. À Séries Mania, le showrunner a expliqué le besoin qu'il a eu de livrer une scène explicative, le besoin de donner un sens aux images qu'il montre, aussi incompréhensibles soient-elles:

«Une scène où quelqu'un explique ce qu'est cet espace physique, ce que les auteurs et moi décrivions comme le bardo, cette idée basée sur le livre de la mort tibétain, qui dit que, quand on meurt, on va dans un espace où on ne sait pas que nous sommes morts.»

Ce n'est qu'une fois que l'on a compris que l'on est décédé que l'on peut quitter ce monde intermédiaire et embrasser la vie postmortem. Voilà comment les auteurs ont abordé l'explication finale de Lost (qui, rappelons-le, nous fait comprendre que Jack et ses camarades ne survivent pas sur une île réelle mais errent dans un purgatoire divin où ils doivent prendre conscience de leur propre décès).

L'ours polaire et la quête de réponses

Cela n'a pas plu. Bien sûr, des millions de personnes ont adoré la fin et ont pleuré à chaudes larmes quand il a fallu faire le deuil de ces héros qui les accompagnaient depuis plusieurs années. Mais d'autres, y compris certains critiques séries, ont refusé d'accepter cette réponse-là, d'accepter qu'il y avait derrière l'ours polaire et les menaçantes fumées noires une «simple» symbolique religieuse et pas une intrigue militaro-industrielle. La colère émotionnelle était si forte et si durable qu'en 2013 après le final jugé plutôt réussi de Breaking Bad, certains fans de Lost s'en prenaient encore à Damon Lindelof sur les réseaux sociaux.

Hasard du calendrier (mais pas vraiment), il a sonné la fin de son compte Twitter le jour où lui-même lançait avec ses auteurs l'écriture de sa nouvelle série, The Leftovers, adaptation d'un livre de Tom Perrotta où 2% de la population mondiale disparaissent sans explication, plongeant «ceux qui restent» dans le plus profond des désarrois. Qu'ils le veuillent ou non, la fin de cette nouvelle grande série, et le mystère biblique qui l'entoure, sera forcément une réponse à celle de Lost.

On pourrait dire que, par chance pour Lindelof, la pression avec la fin de The Leftovers était bien moins importante que pour son imposante aînée, qui a longuement imprégné la vie des fans à la fin des années 2000. Lost a été diffusée pendant sept ans sur le grand network ABC. Elle comptait 121 épisodes et plus de dix millions de téléspectateurs chaque soir de diffusion. The Leftovers, de son côté, a compté au total 28 épisodes étalés sur presque quatre ans. Diffusée sur le réseau câblé HBO, elle a fidélisé un peu plus d'un million d'Américains.

Autre différence importante avec Lost, The Leftovers a manqué de s'achever après la première saison (qui colle à la fin du livre de Tom Perrotta), ou même de la seconde (Lindelof n'a appris qu'après coup le renouvellement pour une ultime saison et avait prévu une fin définitive). Pour autant, il savait qu'il était attendu au tournant. Que ce soit par ces nouveaux fans qui, en plus d'avoir manifesté pour que HBO renouvelle la série fin 2015, ont eu le temps d'admirer Mad Men et Breaking Bad, deux sagas qui ont fait exploser les attentes artistiques. Ou même par de prestigieux critiques qui, comme Emily Nussbaum du New Yorker, ont salué sa prise de risque et hissé The Leftovers au rang des séries qui comptent au XXIe siècle....

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