A la buvette de l’Assemblée, les pratiques changent de moins en moins entre “ancien” et “nouveau” monde

Politique

Avec le temps et les épreuves politiques, les Marcheurs ont cessé de pratiquer un strict ascétisme.

Dans les couloirs de l’Assemblée nationale, la rumeur se répandait depuis le début du quinquennat sur un refrain de tristitude. Le « nouveau monde » ne boirait plus. Le bruit s’est faufilé depuis un lieu secret, interdit au public : la buvette des parlementaires. Vous n’ouvrirez même pas ses portes dans la visite virtuelle proposée sur le site de l’Assemblée nationale. Les visiteurs n’y sont pas les bienvenus. Pas plus que les journalistes ou les collaborateurs parlementaires.

Cette salle d’inspiration Art nouveau, isolée par une double porte, est le lieu des trêves politiques et des fraternisations transpartisanes. C’est aussi le sanctuaire de légendes urbaines, comme la petite dernière. L’arrivée des députés de La République en marche aurait mis fin à la convivialité autour du petit blanc, à la bonhomie des repas à rallonge. Quelque chose que d’aucuns appelleraient « l’art d’être français ».

Soda contre petit blanc

Au comptoir, on a entendu les nouveaux députés dire qu’ils ne « ressembleraient jamais » à leurs prédécesseurs peinant à décrocher du zinc.« Au début, c’était Perrier et Coca zéro », se souvient ainsi une source limonadière. Nous confirmons. Lors de la première soirée à l’Assemblée nationale de la nouvelle législature, en juin 2017, on avait vu surgir en pleine nuit deux trentenaires LRM en quête de canettes de soda. Les stocks à la buvette étaient épuisés. A grand renfort de déclarations dans la presse, la majorité revendiquait son ascétisme. Le regard médusé de certains fonctionnaires de l’Assemblée et des vieux politiques trahissait alors une certaine nostalgie.

Loin d’être saluée, la sobriété des novices est venue synthétiser en creux le reproche de l’ancien monde au nouveau. Celui de pratiquer une forme d’hygiénisme à tous les étages. En arrivant au Palais-Bourbon, la nouvelle majorité avait promis de bousculer les codes et de ringardiser au passage tous ceux qu’elle avait poussés dehors. Elle a commencé par adopter une loi de moralisation de la vie politique, ses députés ne jurant que par leur expérience de la « société civile » et leur promesse de ne pas s’encroûter en politique. Elle s’attaquait au mythe de l’élu pantagruélique et collectionneur de mandats, l’une des sources de la crise de confiance des électeurs.


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