Violences à l'université de Montpellier : « On a peur rien qu'à l'idée d'aller à notre propre fac » - Le Monde

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Choqués mais aussi divisés. Chez les étudiants montpelliérains, les lendemains des violences commises à la faculté de droit n’ont rien d’évident. Le président de l’université de Montpellier a dû s’y résoudre : la faculté restera fermée, au moins jusqu’au 3 avril, le temps de retrouver un climat « apaisé », espère-t-il. Car la tension est loin de retomber, après l’intrusion d’un groupe d’une dizaine de personnes encagoulées dans un amphi de droit, dans la nuit du 22 au 23 mars, qui ont délogé, à coups de bâton et de Taser, la trentaine d’étudiants qui l’occupait pour la nuit.

Au gré des rebondissements de l’enquête ouverte par le parquet – les derniers en date étant la mise en garde à vue mercredi 28 mars d’un professeur et du doyen démissionnaire de la faculté, Philippe Pétel, suivie jeudi de leur suspension par le ministère –, ce que l’on appelle déjà les « événements » ne manque pas d’alimenter les discussions, dans une atmosphère pour le moins étrange.

 

« On a peur rien qu’à l’idée d’aller à notre propre fac », lâche Romane, étudiante en droit présente lors de l’évacuation violente de l’amphithéâtre, qui a l’intention de ne plus jamais y remettre les pieds. « Ils m’ont couru après avec un Taser, reprend sa camarade Tessa. Et les gens de la corpo [organisation étudiante] étaient là à regarder, sans bouger. » Toutes deux se sont installées, mardi, devant l’hôtel de police pour demander à déposer leurs témoignages, avec d’autres étudiants dans la même situation. Et s’inquiéter, aux côtés de l’avocate Sophie Mazas, présidente de la Ligue des droits de l’homme de l’Hérault, des lenteurs de l’enquête judiciaire. Il faut dire que le temps presse, alors que la responsabilité d’enseignants et de personnels de la faculté présents durant cette nuit du 22 mars fait débat, au rythme des vidéos postées sur les réseaux sociaux.

« Justice en fac de droit »

 

Lundi matin, aux aurores,...


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